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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Après la « raclée », Obama condamné au compromis avec ses adversaires

Prenant acte de la « raclée » prise aux élections de mi-mandat, Barack Obama a déclaré, hier soir, être prêt à travailler avec les républicains qui ont pris le contrôle de la Chambre des représentants. De fait, s’il veut poursuivre ses réformes, Obama est condamné au compromis.

Hier, le président américain, qui est apparu assez abattu, a dit assumer « la responsabilité directe » de la lenteur de la reprise économique. Kevin Lamarque/Reuters

S'adressant aux Américains, Barack Obama a reconnu, hier soir, avoir pris une « raclée » aux élections de mi-mandat de mardi. Une cuisante défaite électorale que le président, qui affichait une mine sombre, a mis sur le compte de l'économie tout en refusant d'y voir un désaveu pour ses réformes. « Nous avons stabilisé l'économie. Nous avons créé des emplois dans le secteur privé », s'est défendu M. Obama devant la presse réunie à la Maison-Blanche. Il a toutefois dit « comprendre le mécontentement » populaire et a assuré que « les Américains ne ressentent pas les effets de ces progrès ». Et le président a estimé que les démocrates devaient « assumer la responsabilité directe pour le fait que nous n'avons pas avancé autant que nécessaire » sur l'économie. Selon un sondage de sortie des urnes, 62 % des électeurs américains ont affirmé que la situation économique était en tête de leurs préoccupations lors du scrutin.
Alors que le décompte des bulletins de vote se poursuivait, les estimations accordaient aux républicains une soixantaine de sièges supplémentaires à la Chambre des représentants, où ils contrôleraient environ 240 sièges sur 435. Il leur suffisait de gagner 39 sièges pour prendre la majorité. Au Sénat, les démocrates maintiennent leur majorité après avoir perdu six sièges, alors que les décomptes se poursuivaient dans l'Alaska et l'État de Washington.
Deux ans après son élection, le président est donc condamné au compromis avec ses adversaires pour faire aboutir ses réformes au Congrès, sur l'énergie et les changements climatiques, l'immigration ou encore l'éducation. Hier, le président américain s'est d'ailleurs dit « prêt à travailler » avec les républicains. « Je ne dis pas que cela sera facile », a néanmoins ajouté Obama qui est décidé à préserver sa réforme de la santé, hormis quelques « retouches », à ne pas réduire les dépenses d'éducation et de recherche et à ne pas prolonger les baisses d'impôts pour les ménages les plus aisés.
Un peu plus tôt, le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, John Boehner, grand vainqueur de la soirée électorale, avait déjà attaqué la réforme de la santé, lors d'une conférence de presse depuis le Capitole. « Je crois que le texte sur le système de santé voté par l'actuel Congrès tuera des emplois en Amérique, ruinera le meilleur système de santé au monde et mettra en faillite notre pays », a déclaré l'élu de l'Ohio, qui devrait succéder en janvier au perchoir à la démocrate Nancy Pelosi. « Cela signifie que nous ferons tout ce que nous pourrons pour abroger ce texte. »
La victoire des républicains, qui ont surfé sur la dynamique ultraconservatrice du « Tea Party » en pleine crise économique, est plus importante que celle de 1994 sous Bill Clinton, où la droite avait raflé 52 sièges à la Chambre. Les électeurs qui avaient porté les démocrates au pouvoir lors des dernières élections de mi-mandat en 2006 contre le président George W. Bush ont fait défaut cette année au parti du président Obama. Une étude du Center for Information and Research on Civic Learning and Engagement (CIRCLE) montre que le nombre de votants de moins de 30 ans a diminué d'un million par rapport aux élections de mi-mandat en 2006. Par ailleurs, selon un sondage réalisé par Edison Research et cité par le Wall Street Journal, les femmes, les classes moyennes, les Blancs, les personnes âgées et les indépendants sont les catégories qui ont le plus reporté leurs voix sur les républicains. Le scrutin révèle aussi une poussée à droite de l'électorat, notamment au sein du Parti républicain, dont au moins deux candidats issus du « Tea Party » font leur entrée au Sénat.
Enfin, les républicains ont également arraché aux démocrates au moins dix postes de gouverneurs, dont certains dans des États-clés pour l'avenir politique du pays. Les républicains sont ainsi assurés d'avoir la haute main sur le prochain redécoupage électoral des États-Unis, qui devrait favoriser leur camp aux élections parlementaires pour une décennie.
Maigre consolation pour M. Obama à deux ans de la présidentielle de 2012, sa popularité ne semble pas entamée : seuls 37 % des votants disent s'être prononcés par opposition à lui. Les autres disent avoir voulu soutenir le président (24 %) ou bien qu'il n'avait rien à voir avec l'enjeu du scrutin (37 % également).

S'adressant aux Américains, Barack Obama a reconnu, hier soir, avoir pris une « raclée » aux élections de mi-mandat de mardi. Une cuisante défaite électorale que le président, qui affichait une mine sombre, a mis sur le compte de l'économie tout en refusant d'y voir un désaveu pour ses réformes. « Nous avons stabilisé l'économie. Nous avons créé des emplois dans le secteur privé », s'est défendu M. Obama devant la presse réunie à la Maison-Blanche. Il a toutefois dit « comprendre le mécontentement » populaire et a assuré que « les Américains ne ressentent pas les effets de ces progrès ». Et le...
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