L'infrastructure est l'un des thèmes qui ont dominé les débats lors de la 1re et 2e journée du Forum économique mondial à Marrakech, du 26 au 28 octobre. Pour les participants, l'infrastructure est une « donne fondamentale » pour inciter les grandes entreprises à investir dans la région MENA. « Il est impossible de produire des milliers de voitures s'il n'y a pas d'infrastructure. C'est l'existence d'une infrastructure qui nous a encouragés par exemple à investir un milliard d'euros dans l'usine Renault à Tanger (nord du Maroc) », a déclaré Carlos Ghosn, PDG de l'alliance Renault-Nissan, lors d'un débat.
L'ouverture des frontières et l'accès aux marchés de la région ainsi que le chômage des jeunes ont également dominé les discussions lors de ce forum. « Le fait qu'il n'y ait pas de marché unique arabe est un inconvénient car cela empêche l'accès libre aux marchés de la région », a précisé M. Ghosn. « Le taux de chômage dans certains pays de la région (MENA), notamment chez les jeunes, est parmi les plus élevés au monde », a souligné pour sa part Ahmad Masood, directeur au Fonds monétaire international (FMI) pour la région Moyen-Orient et l'Asie centrale.
« Dans certains pays du Maghreb et du monde arabe, il atteint près de 30 % parmi les jeunes », selon M. Masood. « Il faut créer d'ici à 2020 plus de 18 millions d'emplois, notamment pour les jeunes. Cet objectif peut être atteint si l'on établit une meilleure coopération entre les pays de la région MENA », a indiqué l'un des participants.
Mais selon les participants, même « s'il s'agit d'une région (MENA) à la traîne par rapport au reste du monde », elle recèle « des potentialités et des compétences qui poussent à la confiance », a indiqué Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial. « La région est pourvue d'un potentiel humain jeune qui peut être formé et qualifié pour répondre aux demandes des entreprises qui voudraient investir », selon M. Schwab. « Les nouveaux modi operandi doivent prendre en considération l'abolition des barrières entre le public et le privé. Il faut évoquer cette région (MENA) avec de nouveaux paramètres », a-t-il conclu.
Pour cela, « l'intégration des pays de la région et une meilleure coopération entre eux dans un cadre intégratif sont souhaitables », insistent les participants. « Il est intéressant de noter par exemple que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont bien intégrés économiquement, alors que ceux du Maghreb doivent réaliser davantage d'intégration », a constaté Mme Akhtar. Le Forum économique mondial sur la région MENA réunit plus de 1 000 leaders économiques et politiques, de la société civile et des médias de 62 pays sous le thème « Sens, résilience et prospérité », selon les organisateurs.


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