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Moyen Orient et Monde - Sommet

La Suisse à la découverte de la francophonie politique

40 chefs d'État et de gouvernement ainsi que 3 000 délégués sont attendus à Montreux.
Pour la première fois en 40 ans d'histoire de la francophonie, la Suisse accueille en grande pompe la plus haute instance de l'organisation, faisant résonner au bord du lac Léman la voix de francophones qui restent une minorité dans la Confédération helvétique. Bien qu'il s'agisse d'un des plus grands rendez-vous internationaux que la Suisse ait organisé avec près de 40 chefs d'État et de gouvernement attendus, 3 000 délégués et 600 journalistes, la francophonie et son sommet sont boudés dans les médias alémaniques.
L'allemand reste de loin la langue la plus répandue en Suisse (63,7 % de la population totale), suivi du français (20,4 %), de l'italien (6,5 %) et du romanche (moins de 0,5 %). Depuis plusieurs années, les établissements scolaires de Suisse alémanique choisissent d'enseigner l'anglais plutôt que le français comme première langue étrangère. La distance entre communautés linguistiques s'est manifestée par un âpre débat au Parlement fédéral au moment de fixer le budget de l'organisation du sommet de la francophonie dont a hérité la Suisse au pied levé après le désistement de Madagascar, hôte initial. Les représentants de la Suisse alémanique se sont montrés peu enclins à délier les cordons de la bourse alors que proportionnellement la Romandie ne représente qu'une petite partie du pays. Mais le consensus helvétique a prévalu et 30 millions de francs suisses ont pu être débloqués. Avec « moitié moins de temps et moitié moins d'argent » comme se plaisent à le répéter les organisateurs, le gouvernement suisse a tenu le pari d'organiser ce 13e sommet en respectant les contraintes budgétaires. Le directeur général de l'événement, Johannes Matyassy, a précisé avoir fait appel à des partenariats à hauteur d'un million de francs conclus avec des entreprises privées.
Berne s'est attachée à minimiser ces problèmes monétaires pour mettre au contraire en valeur la richesse de la pluralité linguistique du pays transalpin, comme un des atouts du sommet de Montreux. En Suisse, on ne remet pas en question « la territorialité des langues », garante de la « paix des langues », assure néanmoins Jean-Philippe Jutzi, coordinateur du centre de presse du sommet. « La Suisse est le symbole d'un pays où l'on parle quatre langues nationales, où le français n'est pas parlé tout seul comme c'est le cas dans la plupart des pays francophones », rappelle la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey. « C'est très important dans le monde d'aujourd'hui, dans un monde globalisé de ne pas avoir un seul standard, un seul mode de pensée, un seul mode de parler », dit-elle à l'AFP. Le sommet de la francophonie « met en lumière certaines mutations et certains enjeux auxquels les Suisses, même les Romands, n'étaient guère sensibles jusqu'ici », relève par ailleurs dans un éditorial l'influent quotidien francophone Le Temps, « à commencer par la découverte de cette francophonie politique et de coopération ».
Ainsi durant le sommet, la Suisse mettra en avant une initiative innovante avec la création d'un « réseau d'excellence » piloté par l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) associant notamment des institutions françaises, belges, canadiennes et du Sud, en particulier du Sénégal, Cameroun, Burkina, Liban et Vietnam.
Au final, la Confédération compte obtenir des États qui se réuniront en sommet samedi et dimanche la signature d'une déclaration finale à la hauteur des ambitions de l'OIF. « Il est pertinent que cette organisation, qui a 40 ans de vie, réfléchisse à ce qu'elle a fait et à ses orientations futures », a insisté le conseiller spécial du secrétaire général de l'OIF, Ousmane Paye.
Pour la première fois en 40 ans d'histoire de la francophonie, la Suisse accueille en grande pompe la plus haute instance de l'organisation, faisant résonner au bord du lac Léman la voix de francophones qui restent une minorité dans la Confédération helvétique. Bien qu'il s'agisse d'un des plus grands rendez-vous internationaux que la Suisse ait organisé avec près de 40 chefs d'État et de gouvernement attendus, 3 000 délégués et 600 journalistes, la francophonie et son sommet sont boudés dans les médias alémaniques.L'allemand reste de loin la langue la plus répandue en Suisse (63,7 % de la population totale), suivi du français (20,4 %), de l'italien (6,5 %) et du romanche (moins de 0,5 %)....
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