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Moyen Orient et Monde - Témoignage

Victime d’une méprise médiatique, l’Iranienne Neda Soltani devient un symbole politique

Iranienne sans histoire, Neda Soltani, 32 ans, a vu son existence bouleversée lorsque les médias l'ont confondue avec Neda Agha-Soltan, étudiante de 26 ans, tuée en pleine rue à Téhéran lors d'une manifestation contre le régime en 2009. Sa mort en direct, filmée et diffusée sur Internet, avait déclenché une vague d'émotion et d'indignation dans le monde.
« J'ai un lien particulier avec (Neda Agha-Soltan) parce que sa mort a en quelque sorte détruit ma vie ; pas sa mort en elle-même, mais les conséquences de sa mort », a confié à l'AFP la jeune femme qui participait en France ce week-end à une réunion de l'association féministe Ni putes ni soumises, à Dreux (centre). La photo de cette jeune femme aux cheveux de jais, maître de conférences en littérature anglaise, avait été téléchargée du réseau social Facebook où l'enseignante avait un profil, et prise pour un cliché de l'autre Neda. En quelques jours, cette photo avait été imprimée sur des tee-shirts et des posters et publiée dans des dizaines de journaux dans le monde.
Malgré ses tentatives pour corriger l'erreur, Neda Soltani n'a pu empêcher le déferlement médiatique qui a fait d'elle le symbole de la violence du régime en place. Menacée par les autorités, elle a finalement fui l'Iran pour l'Allemagne où elle a obtenu le statut de réfugiée politique. « Le régime iranien a voulu utiliser cette confusion à son propre avantage, en disant que cette mort tragique n'avait pas eu lieu. Parce que je n'ai pas voulu coopérer avec eux, j'ai été accusée de trahison et d'espionnage. J'ai finalement dû tout quitter pour demander l'asile », raconte-t-elle en anglais. Reconnaissante à l'égard du gouvernement allemand qui lui a permis ce « second départ », la jeune femme avoue que « la situation est très difficile car (elle a) tout à recommencer » dans ce pays où elle n'a « pas de famille et pas d'amis ». « Tous les exilés veulent rentrer chez eux, mais pour moi, ce sentiment est encore plus fort parce que je ne suis pas ici à cause des conséquences de mes actions mais à cause d'une erreur des médias et de la brutalité du régime iranien », explique-t-elle avec gravité.
En France, Neda Soltani est venue soutenir la cause de Sakineh, sa compatriote menacée de lapidation en Iran. C'est la première fois qu'elle s'exprime publiquement. « Si Sakineh souffre, c'est parce qu'elle est une femme dans un système totalitaire », a-t-elle dénoncé samedi devant un auditoire d'une centaine de personnes. « Je ne suis pas une militante politique, mais après avoir été la cible d'un tel événement, je ne peux pas rester indifférente à la politique et à ce qui se passe dans mon pays », a-t-elle confié à l'AFP. « J'ai la responsabilité de dire au monde entier, et pas seulement à mon peuple, ce qui est en train de se passer », a-t-elle ajouté.
Iranienne sans histoire, Neda Soltani, 32 ans, a vu son existence bouleversée lorsque les médias l'ont confondue avec Neda Agha-Soltan, étudiante de 26 ans, tuée en pleine rue à Téhéran lors d'une manifestation contre le régime en 2009. Sa mort en direct, filmée et diffusée sur Internet, avait déclenché une vague d'émotion et d'indignation dans le monde.« J'ai un lien particulier avec (Neda Agha-Soltan) parce que sa mort a en quelque sorte détruit ma vie ; pas sa mort en elle-même, mais les conséquences de sa mort », a confié à l'AFP la jeune femme qui participait en France ce week-end à une réunion de l'association féministe Ni putes ni soumises, à Dreux (centre)....
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