Recep Tayyip Erdogan a affirmé s’être entendu avec Wen Jiabao pour que les échanges bilatéraux s’effectuent désormais de préférence en recourant aux monnaies nationales. Photo AFP
« Notre commerce bilatéral avec la Chine est de l'ordre de 17 milliards de dollars » (12,2 milliards d'euros), a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Wen, qui effectuait la première visite d'un chef de gouvernement chinois à Ankara depuis huit ans.
« Aujourd'hui, nous avons établi ensemble un calendrier. Selon ce calendrier, nous avons convenu que nous allions porter le volume du commerce à 50 milliards de dollars d'ici à 2015 et nous avons fixé une seconde étape à 2020, pour faire passer le commerce à 100 milliards de dollars », a-t-il poursuivi.
Les deux Premiers ministres ont insisté sur leur volonté de créer une coopération stratégique entre la Chine et la Turquie, dont la rapide sortie de la crise mondiale - avec une croissance de 11,7 % puis 10,3 % aux deux premiers trimestres 2010 - suscite, selon les analystes, l'intérêt des investisseurs chinois.
« Nous avons décidé de mettre en place une relation de partenariat stratégique. Il s'agit d'une étape importante dans nos relations », a déclaré M. Wen, selon la traduction en turc de ses propos.
Les deux hommes ont assisté à la signature de huit projets de coopération, concernant le développement du commerce, les projets d'infrastructure dans des pays tiers, les transports, la communication et la culture.
« Nous souhaitons et nous fixons pour objectif de moderniser 4 500 km de voies ferrées avec la Chine » en Turquie, a notamment indiqué M. Erdogan, avant d'appeler de ses vœux la création d'une « nouvelle route de la soie » ferroviaire qui relierait la Chine à l'Europe via la Turquie.
Le quotidien à grand tirage Sabah a rapporté que la Chine était aussi intéressée par une participation dans des projets tels que le développement du métro et la construction d'un troisième pont sur le détroit du Bosphore, à Istanbul.
M. Erdogan a par ailleurs affirmé s'être entendu avec M. Wen pour que les échanges bilatéraux s'effectuent désormais de préférence en recourant aux monnaies nationales.
En 2009, le volume du commerce entre les deux pays a atteint 14,2 milliards de dollars (10,2 mds d'euros), les échanges étant constitués largement par les exportations chinoises.
M. Wen a assuré que la Chine était prête à rechercher des moyens de rééquilibrer ces échanges. « La partie chinoise va mener une étude dans le but de soutenir notre commerce sans alourdir le déficit », a-t-il dit.
Le Premier ministre chinois, qui vient d'effectuer une tournée en Europe, devait se rendre à Istanbul où il s'entretiendra avec le président Abdullah Gül avant de rencontrer aujourd'hui des hommes d'affaires et de visiter des sites historiques. Il quittera ensuite la Turquie.
À Athènes, première étape de sa tournée européenne, M. Wen a promis le soutien de la Chine à une économie grecque exsangue et annoncé la création d'un fonds de cinq milliards de dollars pour le financement de l'achat de navires chinois par des compagnies grecques. À Bruxelles, il a affronté les responsables de l'Union européenne sur la question des taux de change du yuan chinois, jugés sous-évalués par les Européens, puis a signé pour 2,25 milliards d'euros (3,15 milliards de dollars) de contrats à Rome.

