La réussite de ce tir était essentielle pour les forces armées russes après la suspension des tests de Boulava depuis dix mois, à la suite d'une série d'échecs dont le dernier remonte au 9 décembre 2009. Une défaillance sur un moteur-fusée du missile avait alors entraîné un changement de trajectoire de l'engin qui s'était autodétruit, selon une source du complexe militaro-industriel russe. Issu du missile Topol-M sol-sol (SS-27 dans la nomenclature américaine), le Boulava (« massue » en russe) est destiné à être lancé d'un sous-marin. Passer d'une fusée sol-sol à une fusée mer-sol est très compliqué, selon les experts.
Au total, 13 tests de missiles Boulava ont été effectués depuis 2005. Sur les 12 précédents tests, seuls cinq ont été couronnés de succès, en partie ou totalement. Deux autres tirs sont prévus cette année, selon le ministère. L'un sera effectué depuis le Dmitri Donskoï. S'il est réussi, un deuxième missile sera tiré depuis le sous-marin de nouvelle génération Iouri Dolgorouki.
La principale particularité de ce missile est « sa capacité significative à contourner avec succès des systèmes de défense antimissile existants ou à venir », explique l'expert russe Igor Korotchenko, conseiller du ministère de la Défense. D'une portée de 8 000 kilomètres, le Boulava (SS-NX-30 dans la classification de l'OTAN) peut être équipé de dix ogives nucléaires. Il doit équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins russes de quatrième génération qui sont en construction.


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