Dès lundi, M. Wen s'est montré ferme, en demandant que les taux de change des principales monnaies restent « relativement stables » entre eux.
Une façon de rejeter les appels à une réévaluation du yuan des Européens qui, comme les États-Unis, soupçonnent Pékin de faire de la dévaluation compétitive pour doper ses exportations et sa croissance.
Mardi, ce sont les Européens qui sont passés à l'offensive. Les trois principaux responsables économiques de la zone euro ont demandé une appréciation « significative » du yuan au chef du gouvernement chinois.
Enfin hier, Wen Jiabao a contre-attaqué de nouveau. Lors d'un forum économique, il a demandé aux Européens d'arrêter de « faire pression pour une réévaluation du yuan ».
« Je dis aux dirigeants européens : ne rejoignez pas le chœur qui fait pression pour une réévaluation du yuan », a-t-il déclaré. À ses yeux, une appréciation brusque de la monnaie « conduirait beaucoup d'entreprises chinoises à la faillite » et créerait « des troubles sociaux ».
Une telle crise « ne serait pas une bonne chose pour le monde dans son ensemble », a-t-il mis en garde.
Ces échanges aigres-doux surviennent alors que l'euro ne cesse, lui, de s'apprécier sur le marché des changes, ce qui risque de peser sur les exportations européennes et de brider la fragile reprise économique du Vieux Continent.
La monnaie unique est montée hier au-dessus du seuil de 1,39 dollar pour la première fois depuis huit mois. Et l'Europe a le sentiment de faire aujourd'hui les frais des efforts des autres grandes zones économiques pour pousser leurs monnaies à la baisse.
L'inquiétude grandit, y compris au sein du FMI, face à l'atmopshère de « guerre des changes » entre grandes puissances pour affaiblir leurs devises respectives afin d'exporter davantage.
Si la Chine est réticente à laisser le yuan se réévaluer, le Japon est aussi intervenu pour affaiblir le yen, le Brésil a pris des mesures pour limiter l'entrée de capitaux dans le pays et la hausse du real, tandis que les États-Unis ne font rien pour faire remonter le dollar.
Ajoutant à l'atmosphère de discorde, le FMI, dont l'assemblée annuelle se tient ce week-end à Washington, a estimé mercredi que la Chine devait réévaluer sa monnaie pour dépendre moins des exportations et plus de la demande intérieure.
À Bruxelles, en trois jours de sommets, Européens et Chinois ne se sont pas présentés une seule fois ensemble devant les journalistes. La conférence de presse du sommet UE-Chine, prévue hier soir, a été annulée au dernier moment, un fait inhabituel pour une rencontre de ce type.
D'autres sujets de désaccords commerciaux ont émergé pendant les rencontres à Bruxelles.
Le Premier ministre chinois a dénoncé, comme il le fait régulièrement, les tendances protectionnistes de l'UE, qui multiplie les taxes antidumping visant des produits chinois.
Le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht a insisté de son côté sur la nécessité de « réciprocité en matière commerciale », à l'attention de la Chine. « Nous travaillons sur la possibilité d'interdire l'accès à nos marchés publics en cas de restrictions dans un pays tiers », a-t-il indiqué dans une interview au quotidien français Le Monde.


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