Le sommet de deux jours de l’ASEM (Asia Europe Meeting) à Bruxelles réunit les dirigeants ou représentants de 46 pays européens et de la zone Asie-Pacifique. Yves Herman/Reuters
La réunion de deux jours de l'ASEM (Asia Europe Meeting), un forum de dialogue créé en 1996, a été assombrie par le différend persistant entre Pékin et Tokyo autour d'une zone maritime revendiquée par les deux puissances. Tokyo a évoqué la possibilité d'une rencontre en marge de la réunion entre son Premier ministre Naoto Kan et Wen Jiabao alors que le régime chinois a gelé tout contact politique de haut niveau avec les responsables nippons. Mais rien n'avait été confirmé hier soir.
Selon l'agence de presse nippone Kyodo, le ministère de la Défense japonais envisage d'acheter des avions espions sans pilote américains de type Global Hawk, afin de pouvoir suivre plus précisément les manœuvres des armées chinoises et le programme nucléaire nord-coréen. Toujours selon cette agence, le Japon prévoit en outre de mener des exercices militaires conjoints avec les États-Unis en décembre, afin de simuler la défense d'îles japonaises éloignées du cœur de l'archipel en cas d'attaque ennemie.
Sur le front des droits de l'homme, la junte birmane risque de se retrouver sous pression à Bruxelles. Dans un projet de communiqué prévu pour être adopté aujourd'hui à l'issue du sommet de l'ASEM, l'Europe et l'Asie veulent lui lancer un appel pour libérer « en temps opportun » les prisonniers politiques et organiser des élections vraiment « libres ».
Rangoun est représenté à Bruxelles par son ministre des Affaires étrangères Nyan Win qui a obtenu une dérogation pour se rendre en Belgique. La junte birmane est en effet la cible de sanctions de l'UE, qui interdit notamment à ses représentants de se rendre sur son territoire. La présence en Belgique du général Nyan Win a néanmoins suscité les protestations de l'ONG belge « Actions Birmanie ».
Les « Amis du Tibet » ont par ailleurs appelé à une manifestation aujourd'hui devant le lieu de la réunion pour réclamer une reprise du dialogue entre les envoyés du dalaï-lama et les officiels chinois. Le projet de communiqué officiel du sommet ne fait à aucun moment référence au Tibet.
La question du taux de change de la monnaie chinoise, un sujet tabou pour Pékin, ne figure officiellement pas à l'ordre du jour de la réunion, mais elle a occupé une bonne partie des discussions entre les chefs d'État et de gouvernement, ou représentants des 46 pays rassemblés dans la capitale belge. La Chine a adressé une fin de non-recevoir aux Occidentaux qui lui demandent de laisser sa monnaie s'apprécier. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a ainsi tenu à mettre en garde ses interlocuteurs dès le début d'une semaine également marquée mercredi par un sommet avec les seuls représentants de l'UE, où la question du taux de change du yuan risque de dominer.
Les Occidentaux soupçonnent la Chine, mais aussi d'autres pays asiatiques, de maintenir artificiellement leurs devises sous-évaluées pour doper leurs exportations et leur croissance. Ils demandent à Pékin de faire plus pour développer sa demande intérieure et nourrir par ce biais sa croissance.


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