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Moyen Orient et Monde - Rapport

Les atrocités en RDC pourraient être qualifiées de « génocide », accuse l’ONU

L’ONU a publié un rapport controversé énumérant une longue liste d’atrocités commises en République démocratique du Congo de 1993 à 2003 par plusieurs pays africains, estimant que l’armée rwandaise avait commis des crimes qui pourraient être qualifiés de « génocide ». 

Le rapport a été dénoncé avec virulence par le Rwanda et l’Ouganda mis en cause dans le document. Fabrice Coffrini/AFP

L'ONU a publié hier un rapport controversé énumérant une longue liste d'atrocités commises en République démocratique du Congo (RDC) de 1993 à 2003 par plusieurs pays africains. Le rapport affirme que « les attaques apparemment systématiques et généralisées des forces rwandaises (...), ayant ciblé de très nombreux réfugiés hutu rwandais, ainsi que des membres de la population civile hutue et causé leur mort, révèlent plusieurs éléments accablants qui, s'ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crime de génocide », écrit l'ONU dans son rapport.
Le rapport a été dénoncé avec virulence par le Rwanda et l'Ouganda mis en cause dans le document. Le Rwanda a « rejeté catégoriquement » ce rapport dans un commentaire officiel joint au rapport de l'ONU publié en ligne hier. En outre, le gouvernement rwandais accuse les auteurs du rapport de chercher à « valider la théorie du double génocide », selon laquelle les massacres de réfugiés hutus rwandais en RD Congo en 1996-1997 seraient à mettre sur le même pied que le génocide contre les Tutsi perpétré en 1994 par le régime extrémiste hutu alors au pouvoir à Kigali.
L'ONU relève de son côté que « ces attaques se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été débusqués par l'AFDL/APR (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Kinshasa/Armée patriotique rwandaise) sur une étendue très vaste du territoire ». Ces Hutus s'étaient réfugiés en RD Congo en raison de l'arrivée au pouvoir en 1994 à Kigali de la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) qui avait mis fin à un génocide ayant fait environ 800 000 morts, selon l'ONU, surtout parmi la minorité tutsie. L'AFDL était dirigée par Laurent-Désiré Kabila, qui s'autoproclamera président de la RDCongo en mai 1997 après avoir renversé le maréchal Mobutu. Son fils Joseph Kabila, l'actuel chef de l'État, était présent dès le début de la rébellion aux côtés de son père.
Fruit d'une enquête menée de juillet 2008 à juin 2009, le rapport de l'ONU (550 pages) dresse l'inventaire de 617 crimes graves ayant fait des dizaines de milliers de morts civils de 1993 à 2003 dans l'ex-Zaïre, et plus particulièrement pendant les deux guerres de 1996-1998 et 1998-2001.
À New York, l'ambassadeur de la RDCongo à l'ONU a réclamé « justice » au nom de son pays, « consterné » par l'étendue des crimes perpétrés et révélés dans le rapport de l'ONU.
L'Angola et le Burundi ont également « rejeté » catégoriquement le rapport de l'ONU. Le gouvernement angolais a officiellement nié « les affirmations selon lesquelles les unités des Forces armées angolaises (FAA) auraient été impliquées dans des actes contraires à sa mission ».
Dans sa préface, la haut-commissaire aux Droits de l'homme, Navi Pillay, note que le « rapport, bien qu'il ne vise ni à établir de responsabilités individuelles ni à jeter le blâme », reproduit « les récits souvent choquant de tragédies vécues par les victimes et témoins ». Il se veut, assure-t-elle, « un premier pas vers un processus de vérité parfois douloureux mais nécessaire ». Mme Pillay a souligné qu'il est « important de rappeler que le rapport porte sur la RDC ainsi que sur la conduite des États voisins sur le territoire de la RDC ».
Le responsable de l'Afrique à Amnesty International, Erwin Van Der Borght, estime pour sa part « assez scandaleux que des pays africains dénigrent le travail de l'ONU ». « C'est un pas en arrière si les pays voisins rejettent le rapport parce qu'ils ont clairement un rôle à jouer » et « certaines de leurs forces étaient directement mêlées au conflit en RDC », rappelle-t-il. Carina Tertsakian de Human Rights Watch exhorte à une « réponse sérieuse de l'ONU et de ses membres ».

L'ONU a publié hier un rapport controversé énumérant une longue liste d'atrocités commises en République démocratique du Congo (RDC) de 1993 à 2003 par plusieurs pays africains. Le rapport affirme que « les attaques apparemment systématiques et généralisées des forces rwandaises (...), ayant ciblé de très nombreux réfugiés hutu rwandais, ainsi que des membres de la population civile hutue et causé leur mort, révèlent plusieurs éléments accablants qui, s'ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crime de génocide », écrit l'ONU dans son rapport.Le rapport a été dénoncé...
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