Dans la capitale de l'Union européenne, 56 000 personnes selon la police, plus de 100 000 selon les syndicats, ont défilé au son des vuvuzelas et des pétards pour dire « non à l'austérité ». Les manifestants venaient surtout de Belgique et de France, mais aussi de Pologne, de Slovaquie ou d'Allemagne.
« Il ne faut pas ajouter à la crise financière une crise sociale sans précédent dont les salariés paieraient le prix », a dénoncé le secrétaire général du syndicat français CGT, Bernard Thibault.
Depuis la crise de la dette, la plupart des gouvernements appliquent des mesures d'économies et des réformes difficiles comme celles des retraites pour réduire leurs déficits.
Ces mesures « vont avoir un effet désastreux sur les individus et sur l'économie », dénonce John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui organisait la manifestation. « Les travailleurs sont dans les rues aujourd'hui avec un message clair pour les dirigeants de l'Europe : il est encore temps de ne pas choisir l'austérité. »
La Commission européenne a présenté justement hier des mesures pour punir les pays européens qui laissent trop dériver leurs finances.
« Quand il faut payer les intérêts de la dette, on ne peut pas payer les politiques sociales », a fait valoir son président, José Manuel Barroso. Hier était aussi une journée d'action dans plusieurs pays européens, à commencer par l'Espagne, en grève générale pour protester contre une réforme du marché du travail qui facilite les licenciements.
L'un des deux principaux syndicats du pays, l'UGT, a assuré que la grève était suivie « à plus de 70 % » et par plus de 10 millions de salariés dans le pays. Mais le gouvernement s'est félicité de « l'absolue normalité » de l'activité économique.
Ailleurs en France, à Lyon, Nantes et Toulouse, quelque 4 000 personnes au total ont défilé, selon les organisateurs, et 2 000 selon la police.
Plusieurs milliers de personnes ont également manifesté hier à Varsovie, 4 000 à Bor en Serbie, 2 000 à Rome, un millier à Athènes et à Riga, quelques centaines à La Haye et Chypre.
Au Portugal, des milliers de personnes, selon les médias locaux, ont marché à Lisbonne et Porto (Nord) contre la politique d'austérité du gouvernement socialiste.
Et les syndicats ne comptent pas en rester là.
En France, où le gouvernement a présenté hier un projet de budget prévoyant une réduction sans précédent des niches fiscales et sociales afin de réduire le déficit, ils ont déjà appelé à manifester à nouveau samedi contre une impopulaire réforme des retraites.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine