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Santé - Cardiologie

Cholestérol : protégez vos artères !

Substance graisseuse naturellement présente dans le corps, le cholestérol est vital pour l'organisme. Mais lorsque son taux est élevé, il devient à l'origine de tous les maux augmentant les risques d'infarctus et de thromboses.

Le Dr Bassem el-Masri : « Aux États-Unis, selon les nouvelles recommandations, le taux du LDL ne doit pas dépasser les 70 mg/dl chez les personnes souffrant de diabète et de maladies cardio-vasculaires. »

« Je préfère avoir du cholestérol, mais mourir mince. » Refusant les canapés au fromage qu'on lui tend, Rana préfère grignoter des pistaches avec sa boisson gazeuse « light » avant de passer à table. Cette jeune banquière de 35 ans, obnubilée par sa silhouette, suit strictement depuis plusieurs années déjà un régime alimentaire principalement à base de protéines et de matières grasses, convaincue qu'il s'agit du moyen idéal pour préserver sa ligne. Consciente que ce régime hyperprotéique est fortement contesté dans les milieux médicaux, Rana préfère ignorer cette polémique, notamment le fait qu'une pareille diète est la garantie d'une élévation du taux du cholestérol dans le sang et augmente par conséquent le risque de développer des maladies cardio-vasculaires.
Le cholestérol est une substance grasse naturellement présente dans le corps. Vitale pour l'organisme, elle est synthétisée dans les cellules (cardiaques, ovariennes, rénales, etc.) et dans la paroi des cellules du cerveau. Le cholestérol joue aussi un rôle important dans la synthèse des hormones sexuelles (œstrogène, progestérone, testostérone)... On parle alors de bon cholestérol (HDL).
Mais à chaque médaille son revers. En effet, « si le taux du cholestérol augmente dans le corps, cette substance pourrait nuire aux artères de l'organisme en les bouchant », explique à L'Orient-Le Jour le Dr Bassem el-Masri, directeur du département de cardiologie et de la clinique des maladies lipidiques au Weill Medical College de l'Université de Cornell et au New York Presbyterian Hospital aux États-Unis.
« Le cholestérol forme ainsi des surfaces de graisse qui se transforment en plaques, communément appelées athéromes et constituées de mauvais cholestérol ou LDL ; ces plaques finiront par se désagréger à l'intérieur des artères risquant de les boucher et provoquant une thrombose », poursuit le Dr Masri, qui souligne que chez toutes les espèces animales, le taux du LDL s'élève à 40 mg/dl, sauf chez l'homme et le cheval qui affichent un taux de 140 mg/dl. « Ce qui n'est pas normal, du moins pour l'être humain, insiste le Dr Masri. Chez l'homme, le LDL est en constante croissance en raison principalement d'un mauvais régime alimentaire et du manque d'exercices. »
Figurant au nombre des quelque vingt-cinq spécialistes américains chargés d'émettre les recommandations pour la prévention des maladies cardio-vasculaires, le Dr Masri précise que selon les nouvelles recommandations, qui commenceront à être appliquées aux États-Unis à partir de 2011, le taux du LDL ne doit pas dépasser les 70 mg/dl, chez les personnes souffrant de diabète et de maladies cardio-vasculaires, et 100 mg/dl chez celles qui ont deux des facteurs de risque suivants : tabagisme, âge (hommes de plus de 45 ans et femmes de plus de 55 ans) et hypertension artérielle. « La surcharge pondérale et l'obésité ne représentent pas un risque majeur, mais mineur, puisque seule l'obésité abdominale pose un réel danger, en raison des dépôts de graisse sur les organes viscéraux, à savoir le foie, les reins, les intestins et le cœur, qui entraînent une résistance à l'insuline », fait valoir le Dr Masri.
Et le spécialiste d'ajouter : « Le processus est complexe et il ne s'agit pas simplement d'une question de bon ou de mauvais cholestérol. Actuellement, nous distinguons trois catégories de LDL ou de mauvais cholestérol qui sont en relation avec la taille petite, moyenne ou grande de ces particules graisseuses. Les plus dangereuses restent les petites particules, qui sont très athérogènes, c'est-à-dire qu'elles accélèrent le processus d'altération de la paroi interne du vaisseau, augmentant de six fois les risques d'affections cardiaques. Ces petites particules sont retrouvées notamment chez les personnes diabétiques et les personnes obèses avec une résistance à l'insuline. Le HDL, communément appelé bon cholestérol, est divisé en deux catégories liées à la taille des particules, sachant que plus ces particules sont petites, moins elles protègent des LDL. Il en est de même des triglycérides, qui sont divisés en six sous-groupes. L'inflammation vasculaire est également importante à surveiller puisqu'elle constitue à elle seule un risque cardiaque considérable, même si le LDL est contrôlé. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs, aux États-Unis, on procède à un profil lipidique avancé des patients. »

L'aspect génétique
Le cholestérol est génétique dans une majorité des cas, puisque 75 % de cette substance est synthétisée dans l'organisme, au moment où seulement 25 % proviennent de l'alimentation. « Nous parlons alors d'un cholestérol héréditaire, puisqu'on peut en souffrir même si on est jeune, mince et qu'on adopte un mode de vie sain, constate le Dr Masri. Dans ce cas, le régime alimentaire et les exercices physiques à eux seuls ne suffisent pas. Un traitement médicamenteux est nécessaire. D'ailleurs, celui-ci est important pour lutter contre la maladie, puisque les études ont montré qu'à eux seuls, le régime alimentaire et l'activité physique n'aident à baisser le cholestérol que dans une proportion limitée (12 %). »
Les femmes sont-elles mieux protégées que les hommes ? « L'œstrogène les protège contre les effets néfastes du cholestérol, mais une fois la ménopause installée, elles encourent les mêmes risques que les hommes », répond le Dr Masri.
Soulignant que les tests de cholestérol devraient être entamés à partir de 20 ans, le médecin conclut en insistant sur l'importance de commencer tôt le traitement médicamenteux qui devrait être accompagné d'un régime équilibré et sain, pauvre en matières grasses et d'une activité physique régulière.
« Je préfère avoir du cholestérol, mais mourir mince. » Refusant les canapés au fromage qu'on lui tend, Rana préfère grignoter des pistaches avec sa boisson gazeuse « light » avant de passer à table. Cette jeune banquière de 35 ans, obnubilée par sa silhouette, suit strictement depuis plusieurs années déjà un régime alimentaire principalement à base de protéines et de matières grasses, convaincue qu'il s'agit du moyen idéal pour préserver sa ligne. Consciente que ce régime hyperprotéique est fortement contesté dans les milieux médicaux, Rana préfère ignorer cette polémique, notamment le fait qu'une pareille diète...
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