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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Le chef de l’AIEA « regrette » le veto iranien frappant ses inspecteurs

Premier jour de la réunion d'automne du conseil des 35 gouverneurs de l'Agence onusienne à Vienne.

Le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, lors de sa conférence de presse, hier. Photo AFP

Le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, a exprimé son « grand regret » hier à propos du veto mis par Téhéran à l'entrée de ses inspecteurs expérimentés en Iran, car cela entrave la capacité de l'agence à enquêter sur la véritable nature du programme nucléaire iranien.
« J'ai appris avec grand regret la décision de l'Iran de s'opposer à la certification de deux inspecteurs qui ont récemment procédé à des inspections en Iran », a ainsi déclaré M. Amano dans son discours au premier jour de la réunion d'automne du conseil des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.
« Les objections répétées des Iraniens à la certification d'inspecteurs ayant une connaissance des cycles de combustibles nucléaires et des sites en Iran entravent le processus d'inspection », a-t-il souligné à l'ouverture de cette réunion à huis clos qui devrait durer toute la semaine. « Si cela continue, ce sera problématique », a relevé M. Amano au cours d'une conférence de presse un peu plus tard.
Dans un rapport confidentiel, remis la semaine dernière aux gouverneurs, M. Amano s'était déjà plaint de la « décertification », selon le jargon de l'AIEA, des inspecteurs. Il avait évoqué en particulier le refus de Téhéran d'autoriser deux inspecteurs expérimentés à revenir en Iran sous le prétexte qu'ils avaient rédigé des rapports « erronés ».
Ces deux inspecteurs, qui devaient revenir fin septembre surveiller les activités du réacteur de recherche de Téhéran, avaient notamment fait état de la disparition inexpliquée d'un équipement nucléaire sensible d'une usine de Téhéran, une information contestée par l'Iran.
M. Amano leur a cependant renouvelé sa confiance lundi : « J'exprime ma totale confiance dans le professionnalisme et l'impartialité des inspecteurs concernés (...) Tous deux sont de grands connaisseurs du cycle du combustible nucléaire et ont une longue expérience de l'Iran. »
La réponse de l'ambassadeur de Téhéran auprès de l'agence ne s'est pas fait attendre. « Je rejette catégoriquement cette affirmation » selon laquelle le refus de certification de ces deux inspecteurs « entrave » le travail de l'agence, a insisté Ali Asghar Soltanieh devant les journalistes. Il a noté que l'Iran était dans son bon droit, car l'accord sur les mesures de garantie lui permet de mettre un veto sur la désignation des inspecteurs, sans même devoir avancer de raisons à ce veto.
L'ambassadeur iranien a qualifié de « ridicules » les déclarations sur la décision de Téhéran de refuser deux inspecteurs alors que l'agence dispose d'un service avec « plus de 150 inspecteurs » dans lequel elle peut puiser.
Pour l'ambassadeur des États-Unis à l'AIEA, Glyn Davies, cependant, l'attitude iranienne vise à intimider les inspecteurs. Téhéran veut faire comprendre que « s'ils rapportent ce qu'ils voient et que c'est inscrit dans le rapport du directeur général, ils pourraient être éliminés », a avancé M. Davies, de façon imagée.
Par ailleurs, le rapport de M. Amano insistait aussi sur le fait que Téhéran poursuit la constitution de ses stocks d'uranium enrichi à 5 % et 20 % de degré de pureté, défiant les résolutions et les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU. Celui-ci a enjoint Téhéran de cesser ces activités jusqu'à ce que l'AIEA ait pu déterminer s'il y a une possible composante militaire à ce programme nucléaire, dont le régime islamique affirme qu'il est strictement civil.
M. Amano a par ailleurs annoncé devant la presse le nom du nouveau chef des inspecteurs de l'agence, le Belge Herman Nackaerts. Il doit remplacer le Finlandais, Olli Heinonen, qui a démissionné le mois dernier pour des « raisons personnelles » après cinq ans à la tête de ce service.
Le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, a exprimé son « grand regret » hier à propos du veto mis par Téhéran à l'entrée de ses inspecteurs expérimentés en Iran, car cela entrave la capacité de l'agence à enquêter sur la véritable nature du programme nucléaire iranien.« J'ai appris avec grand regret la décision de l'Iran de s'opposer à la certification de deux inspecteurs qui ont récemment procédé à des inspections en Iran », a ainsi déclaré M. Amano dans son discours au premier jour de la réunion d'automne du conseil des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à...
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