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Liban

Samy Gemayel revient à la charge : « Nous ne nous tairons plus »

Le député Samy Gemayel a réaffirmé hier devant ses partisans que les chrétiens libanais « n'ont pas honte de leur histoire ».
OLJ
13/09/2010
Recevant à Bickfaya de nombreuses délégations populaires venues le soutenir face à la campagne suscitée par ses propos sur l'achat d'armes en Israël pendant la guerre civile, Samy Gemayel s'est adressé à ses partisans en ces termes : « Notre message est clair. Voilà vingt ans que nous nous sommes accoutumés à nous taire. Mais à dater de ce jour, nous ne nous tairons plus sur rien et nous ne serons plus des refouloirs pour personne. »
« Tout le monde devrait se mettre dans la tête que n'avons pas honte de ce que nous avons fait dans notre histoire, notre résistance et notre politique », a-t-il ajouté, avant de préciser que « les temps anciens sont finis à tout jamais ». Pour édifier une patrie, il faut, a-t-il dit, que « chaque détenteur de l'identité libanaise jouisse de la liberté d'exprimer sa culture et bénéficie du respect dû à son histoire. Nous refusons la dhimmitude ou la citoyenneté de second degré ». « Nous n'accepterons pas que notre glorieuse histoire soit dénaturée sur des écrans de télévision. Nous apprendrons à nos enfants comment leurs parents se sont sacrifiés pour eux », a encore lancé M. Gemayel.
« Nous n'accepterons que de vivre ici, au Liban, et comme nous l'entendons, la tête haute et jouissant de notre dignité. Que les autres apprennent à s'adapter à cette réalité. Ils se sont habitués à nous voir silencieux. Lorsque nous avons eu le courage de leur répondre, ils se sont tus. Nul ne reconnaîtra notre existence si nous ne l'imposons pas nous-mêmes », a-t-il dit.
« À partir d'aujourd'hui, nous ferons face à tous ceux qui nous attaquent ou qui tentent de nous réduire au silence », a renchéri M. Gemayel. Et s'adressant à ceux qui avaient réclamé qu'il soit « crucifié » dans la banlieue sud, il a répondu : « Notre culture est celle de la concorde et de la paix. Nous n'avons jamais attaqué quiconque et nous ne le ferons pas, mais que personne ne s'avise de nous marcher sur les pieds. Nous défendrons notre culture par tous les moyens mais nous le ferons toujours dans la position de défense et non pas d'attaque. La plus grande preuve de ce que je dis est que nous n'avons mené aucune bataille hors des régions chrétiennes. Aujourd'hui, nous le disons encore une fois : nous n'agresserons personne. »
Et de poursuivre : « Il y a 1 500 ans, la résistance a commencé dans cette montagne. Au début, elle était le fait des patriarches maronites qui ont réussi à préserver cette montagne face à tous les agresseurs et à pérenniser la présence chrétienne libre. Preuve en est que le Liban est le seul pays dans cet Orient où les chrétiens peuvent vivre en toute liberté. »
« La flamme de la résistance ne s'éteindra pas », a encore dit M. Gemayel, rejetant « tout reniement des martyrs tombés à Tell el-Zaatar, à Achrafieh et ailleurs ». « Vous devez faire face à l'agression menée aujourd'hui contre nos martyrs et notre résistance », a-t-il lancé.
« Nous devons œuvrer à nous intégrer dans toutes les institutions officielles et nous efforcer d'arracher nos revendications par nos propres mains, car nul ne nous les offrira. Nous combattrons toute mentalité dhimmie et réactionnaire. À tous ceux qui affirment que nos contempteurs d'aujourd'hui sont en position de force et que nous sommes censés jouer les pompiers, nous disons que cette équation n'est plus de mise. Ceux qui croient que le pays n'est plus à nous se trompent. Nous resterons partenaires dans cette patrie aux côtés des autres, mais sur une base d'égalité », a-t-il dit.

Sayegh dénonce un « terrorisme intellectuel »
Dans une déclaration à L'Orient-Le Jour, le ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, qui s'est entretenu hier à Dimane avec le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, de la campagne menée contre le député Samy Gemayel, a souligné que le problème revêt « une dimension morale ».
« Il était nécessaire d'informer Bkerké, la suprême autorité morale pour un maronite, de ce qui se passe », a-t-il dit, précisant avoir soulevé notamment avec le patriarche le problème des incitations au meurtre figurant sur un site proche du Hezbollah. « Certes, le Hezbollah affirme qu'il n'est pas directement concerné, mais personne n'est dupe. Ce site est étroitement contrôlé par des cadres du parti », a-t-il dit.
Pour M. Sayegh, « on est en présence d'une tentative d'intimidation de toute une jeunesse. Un terrorisme intellectuel, un matraquage systématique de toute volonté libanaise qui s'exprime de façon indépendante, alors même que le parti Kataëb demande à son vis-à-vis d'engager un dialogue franc avec lui, de manière à sortir de cette polarisation idéologique qui empêche toute réflexion libre ».
« On veut que nous ayons honte de notre histoire, une histoire séculaire », a-t-il déploré, indiquant que le patriarche Sfeir lui a fait part de son « dégoût ».
De son côté, le député Kataëb Élie Marouni a déploré « l'inaction du parquet face aux appels au meurtre ». « Où est la loi et jusqu'à quand va-t-on fermer les yeux devant de telles prises de position qui détruisent la patrie ? La liberté d'opinion est-elle à présent en danger ? Sommes-nous aujourd'hui détenus dans la prison de la pensée de cette résistance ? » s'est interrogé M. Marouni.

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