« Ce n’est pas une religion qui nous a attaqués (...) C’était el-Qaëda. Un groupe pitoyable d’hommes qui pervertissent la religion », a rappelé le président américain Barack Obama. Nicholas Kamm/AFP
Lors d'une cérémonie au Pentagone, sur lequel les pirates de l'air d'el-Qaëda avaient dirigé l'un des quatre avions détournés il y a neuf ans, le président Barack Obama a assuré que les États-Unis ne seront « jamais en guerre contre l'islam ». Il a répété que les instigateurs du 11-Septembre pouvaient « bien essayer de nous séparer, mais nous ne céderons pas à leur haine et à leurs préjugés ». « Ce n'est pas une religion qui nous a attaqués en ce jour de septembre. C'était el-Qaëda. Un groupe pitoyable d'hommes qui pervertissent la religion », a rappelé le président américain.
À New York, la traditionnelle cérémonie du souvenir s'est déroulée à partir de 08h46, heure précise à laquelle un des avions détournés avait frappé la première tour du World Trade Center. Deux appareils s'étaient écrasés à New York, un autre contre le Pentagone et le quatrième en pleine campagne en Pennsylvanie. « Nous ne sommes pas là pour pleurer, mais pour nous souvenir et reconstruire », a déclaré le vice-président Joseph Biden, au cours de la cérémonie de lecture des noms des 2 752 personnes qui ont trouvé la mort à New York. Un chœur a entonné l'hymne américain, tandis que des proches des victimes brandissaient des portraits de leurs proches décédés.
Depuis les attentats, le traumatisme de l'Amérique reste vif. Il a été récemment ravivé par le projet de construction d'un centre culturel islamique - comprenant une mosquée - près du site de Ground Zero, là où s'élevaient les tours jumelles détruites. Ce projet est soutenu par le maire de New York, Michael Bloomberg, et le président Obama, mais, pour ses détracteurs, il constitue une insulte au « sol sanctifié » de Ground Zero. Parmi les opposants au projet figure le pasteur Terry Jones qui avait menacé de brûler 200 exemplaires du Coran devant son église à Gainesville, en Floride, qui compte une cinquantaine de membres, suscitant une vague de protestations et de mises en garde à travers le monde. Le pasteur a finalement assuré samedi matin qu'il ne brûlera « jamais » le Coran. Il a expliqué que l'objectif de son église était « de montrer qu'il y a un élément très dangereux et très radical dans l'islam ». « Nous avons totalement accompli cette mission », s'est-il félicité dans un entretien à la chaîne de télévision NBC.
À Washington, un groupuscule chrétien a déchiré quelques pages d'un exemplaire du Coran devant la Maison-Blanche. « L'une des raisons pour lesquelles nous faisons cela : le mensonge selon lequel l'islam est une religion pacifique doit cesser », a affirmé Randall Terry, membre de ce groupe de six personnes, proche de la mouvance ultraconservatrice du « Tea Party ». En dehors d'une vingtaine de journalistes, l'opération n'a attiré qu'une poignée de touristes. La police se tenait à quelques mètres, a pris les noms des participants mais n'est pas intervenue.
La Première dame des États-Unis, Michelle Obama, et Laura Bush, épouse de l'ex-président George W. Bush, ont de leur côté rendu hommage en Pennsylvanie aux victimes du vol 93. Mme Obama a exprimé son « admiration pour l'héroïsme » des passagers qui ont tenté de reprendre le contrôle du Boeing 757 détourné et dont l'objectif aurait pu être la Maison-Blanche ou le Capitole.
Neuf ans après les attentats, le site du World Trade Center est en pleine reconstruction et ne ressemble enfin plus à un cratère. Quatre gratte-ciel doivent être érigés, ainsi qu'une gare ferroviaire et routière. La Tour 1 s'élève déjà sur 36 étages sur les 106 prévus et un mémorial dédié aux victimes du 11-Septembre doit être inauguré l'an prochain. Deux cascades marqueront l'emplacement des tours jumelles, au cœur d'un parc de 400 chênes, dont 16 ont déjà été plantés.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine