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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

L’Iran rejette les nouvelles critiques « politiques » de l’AIEA

Téhéran a le droit de récuser les inspecteurs de l'agence onusienne et de leur refuser l'accès à certaines installations, affirme Ali Akbar Salehi.

L'Iran a rejeté hier les critiques de l'AIEA sur son manque de coopération autour de questions jugées « marginales », y voyant une motivation « politique » alors qu'il est soumis à d'intenses pressions internationales pour infléchir son programme nucléaire controversé.
Le chef de ce programme, Ali Akbar Salehi, a ainsi réaffirmé que Téhéran avait parfaitement le droit de récuser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique et de leur refuser l'accès à certaines installations. Lundi, l'AIEA a affirmé dans un nouveau rapport que l'Iran entravait son travail, notamment par des « refus répétés » d'accès de ses sites nucléaires à certains inspecteurs expérimentés. Les autorités iraniennes ont retiré en juin leur agrément à deux inspecteurs de l'AIEA accusés d'avoir fourni de « fausses informations » sur la disparition d'un équipement nucléaire important dans une installation de Téhéran. L'agence et les Occidentaux avaient alors reconnu le droit de l'Iran à prendre une telle décision, tout en la regrettant. « C'est notre droit, comme pour tout membre de l'AIEA, de choisir les inspecteurs, a rappelé M. Salehi. L'AIEA a proposé les noms de deux nouveaux inspecteurs et nous les avons acceptés. »
M. Salehi a par ailleurs réaffirmé que, contrairement aux installations d'enrichissement d'uranium sous étroite surveillance de l'AIEA, rien n'obligeait l'Iran à ouvrir son site d'Arak où il construit un réacteur à eau lourde n'utilisant pas d'uranium enrichi. La dernière visite d'inspecteurs de l'ONU à Arak remonte à août 2009. Téhéran affirme que ce réacteur, prévu pour être achevé en 2012 ou 2013, doit permettre de produire des isotopes pour l'agronomie et la médecine, mais les Occidentaux estiment que l'installation d'Arak pourrait être configurée de manière à faciliter la production d'une arme nucléaire. « Si l'AIEA trouve une clause dans notre accord bilatéral disant que les installations à eau lourde doivent être ouvertes à son inspection, nous permettrons à ses experts de venir visiter le site dans les plus brefs délais », a déclaré M. Salehi. Le dernier rapport de l'AIEA « ne fait état d'aucun détournement de matériel nucléaire à des fins non pacifiques. Nous estimons que les autres points mentionnés dans ce rapport sont marginaux », a souligné le responsable iranien.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères a estimé hier que les critiques de l'AIEA étaient motivées par une approche « politique » du dossier iranien. « Nous insistons pour que l'AIEA accomplisse sa mission à l'égard de ses membres dans le cadre légal, sans tenir compte des pressions politiques », a ainsi déclaré le porte-parole du ministère, Ramin Mehmanparast.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné à plusieurs reprises depuis 2006 la politique nucléaire iranienne, notamment l'enrichissement d'uranium qui peut servir à créer le noyau fissible d'une bombe atomique. Les dirigeants iraniens ont toujours fermement démenti avoir un tel objectif, sans convaincre les Occidentaux qui ont renforcé cet été leurs sanctions économiques contre Téhéran. En représailles aux sanctions, le Parlement iranien a voté en juillet une loi interdisant au gouvernement de coopérer avec l'AIEA au-delà de ses strictes obligations légales.
Enfin, le ministre du Pétrole a annoncé que l'Iran a atteint l'autosuffisance en matière de production de carburants. Quatrième exportateur mondial de pétrole, l'Iran devait jusqu'à présent importer jusqu'à 40 % de ses besoins en carburants en raison de ses capacités limitées de raffinage. Les déclarations du ministre du Pétrole semblent en contradiction avec celles de son adjoint, le vice-ministre Alireza Zeighami, qui avait indiqué le 30 août que l'autosuffisance ne pourrait être atteinte avant mars 2012.

L'Iran a rejeté hier les critiques de l'AIEA sur son manque de coopération autour de questions jugées « marginales », y voyant une motivation « politique » alors qu'il est soumis à d'intenses pressions internationales pour infléchir son programme nucléaire controversé.Le chef de ce programme, Ali Akbar Salehi, a ainsi réaffirmé que Téhéran avait parfaitement le droit de récuser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique et de leur refuser l'accès à certaines installations. Lundi, l'AIEA a affirmé dans un nouveau rapport que l'Iran entravait son travail, notamment par des « refus répétés » d'accès de ses sites...
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