Boutros Harb a regretté les propos de certains qui tentent d’occulter ce qui a été réalisé. Photo Hassan Assal
Dans une introduction politico-constitutionnelle, M. Harb a d'abord exprimé son soutien au peuple palestinien face à Israël et son attachement au rejet de l'implantation, stipulé par la Constitution, tout en mettant en exergue la volonté de Tel-Aviv de faire échec au droit au retour des réfugiés dans leur patrie et de réaliser l'implantation, notamment au Liban. Il a insisté sur la nécessité « d'en finir avec les compromis et les marchés obscurs » d'une part, mais aussi avec « la surenchère et l'excitation des instincts qui conduisent à la destruction des nations » de l'autre, évoquant les leçons tirées de l'expérience de l'accord du Caire. D'où l'importance, a-t-il dit, de « traiter la question de la présence palestinienne au Liban et des conditions de vie des réfugiés d'une manière ouverte, responsable et positive en vue de l'octroi à ces derniers de droits sociaux et économiques, avec le plus grand sérieux et la plus grande fermeté pour ce qui est de rappeler à la communauté internationale ses responsabilités ». Aussi a-t-il mis en relief le « déclin progressif » du budget alloué à l'Unrwa, qui « constitue un signe avant-coureur du désengagement de la communauté internationale de ses responsabilités » vis-à-vis des réfugiés.
Boutros Harb a précisé qu'il s'était fait un point d'honneur de respecter certains principes dans le cadre du projet d'amendement voté à la Chambre, notamment le dixième point de la déclaration ministérielle, qui porte sur la nécessité d'améliorer la situation sociale et économique des réfugiés palestiniens, et l'approche globale qui sous-tend la déclaration ministérielle, à savoir la nécessité d'assurer une vie digne aux réfugiés sous l'autorité souveraine du Liban, jusqu'à leur retour dans leur patrie.
Partant, a-t-il indiqué, l'amendement voté mardi est venu consacrer une série de « principes fondateurs ». Le premier de ces principes est « la nécessité de maintenir le dossier des réfugiés sous la responsabilité de la communauté internationale, à travers la réaffirmation de l'Unrwa dans son rôle visant à assurer les services hospitaliers et les aides aux familles des réfugiés, de manière à ce que la CNSS n'assume pas de conséquences morales et matérielles au niveau de la caisse maladie-maternité ainsi que des allocations familiales ». Le deuxième de ces principes est « la protection de la spécificité de la situation légale du Palestinien en tant que "réfugié" qui réside de manière temporaire au Liban d'une part, ainsi que la préservation de son identité nationale palestinienne, et donc le maintien des dispositions administratives qui traitent avec lui en tant qu'étranger, de l'autre. Cela a conduit à rejeter toute annulation du permis de travail aux réfugiés, disposition qui aurait créé une discrimination entre eux et les Libanais (...) », a-t-il poursuivi.
Quant au troisième de ces principes, il concerne « la nécessité de déterminer les catégories de réfugiés palestiniens englobés dans cette législation, et de les limiter exclusivement à ceux qui sont inscrits à la direction des affaires politiques et des réfugiés au ministère de l'Intérieur, ce qui a pour effet de barrer la route aux intrus et autres qui ont pu s'infiltrer d'une manière suspecte au Liban ». Il reste que c'est à la direction concernée qu'est revenue la tâche de régler le problème des « cartes de réfugiés » qu'elle distribue de manière à ce que ces dernières soient désormais magnétisées, d'autant qu'il était aisé de les falsifier et de les utiliser à des fins hostiles à la paix civile, a ajouté Boutros Harb.
C'est donc sur base de ces trois principes que les réunions ont débuté pour plancher sur ce dossier, ce qui a débouché sur l'amendement de l'article 59 du code du travail accordant aux réfugiés palestiniens le droit d'exercer certains métiers - en l'occurrence les métiers autorisés aux étrangers, mais pas les professions libérales - ainsi qu'un permis de travail exempté de droits, et des facilités administratives qui sont actuellement parachevées au ministère du Travail.
Après s'être attardé sur la question des indemnités de fin de service (voir par ailleurs), Boutros Harb a estimé que ce qui a été réalisé mardi à la Chambre constitue « une étape historique sur la voie de l'assainissement des relations libano-palestiniennes, et montre que le Liban respecte les législations liées aux droits de l'homme, dans la plus pure tradition du patrimoine libanais de respect des droits de l'homme ». Il a enfin regretté « les propos de certains, Libanais et Palestiniens, qui tentent d'effacer ce qui a été réalisé à des fins qui n'ont rien à voir avec la victoire de la cause palestinienne, ni avec l'intérêt du Liban ou la peur des dangers de l'implantation ». « Certains sont engoncés dans des polémiques qui appartiennent à une époque révolue, cherchent à régler des comptes étroits ou ne peuvent tout simplement pas dépasser les cauchemars du passé », a-t-il ajouté.


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