Des rescapés des inondations se disputent un sac de vivres distribué par des soldats à Nowshera. A. Majeed/AFP
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement d'Islamabad prend des mesures restrictives visant les organisations caritatives liées aux groupes islamistes, mais celles-ci réapparaissent ensuite souvent sous un autre nom et reprennent leurs activités.
Concernant l'aide internationale aux victimes des inondations, la mobilisation s'est encore accrue hier. Le secrétaire général de l'ONU s'est réjoui que son organisation ait récolté la moitié de l'appel de fonds d'urgence de 460 millions de dollars lancé le 11 août. Mais « il faut la totalité de ces ressources, et il les faut maintenant », a souligné Ban Ki-moon. Plusieurs pays, dont les États-Unis et la Grande-Bretagne, ainsi que l'Union européenne (UE), ont annoncé dans la foulée un accroissement de leur aide humanitaire.
Le Pakistan a annoncé avoir accepté l'aide de cinq millions de dollars offerte aux sinistrés par l'Inde, son voisin et rival régional de longue date.
Islamabad a également indiqué qu'il allait demander au Fonds monétaire international (FMI) d'assouplir les conditions du prêt de 10 milliards de dollars qu'il lui avait accordé en 2008, estimant désormais impossible de respecter le programme de remboursement au vu de la catastrophe.
Les gigantesques inondations provoquées par les pluies torrentielles de la mousson ont affecté un cinquième du Pakistan et 20 millions de personnes, dont près de 8 millions ont toujours besoin de nourriture, d'eau potable ou d'un toit et sont à la merci d'épidémies meurtrières. Près d'un mois après le début des inondations, les eaux baissent dans la plupart des zones sinistrées, selon les autorités locales. Les inondations ont tué près de 1 500 personnes, selon le gouvernement, mais l'ONU a prévenu que le bilan devrait être « bien plus élevé » à mesure de la découverte des dégâts.
Les agences humanitaires distribuent de plus en plus d'aide aux victimes, et elles « commencent à avoir une idée de l'étendue de la catastrophe », a souligné à Genève Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination de l'ONU pour les Affaires humanitaires (Ocha). « C'est une catastrophe qui est arrivée très lentement, contrairement à un tremblement de terre soudain dont on peut immédiatement voir les victimes », a-t-elle expliqué. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué avoir un besoin urgent d'hélicoptères pour acheminer l'aide aux millions de sinistrés, qui restent pour beaucoup totalement coupés du reste du pays. Le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Pakistan, Guido Sabatinelli, a souligné pour sa part que la situation était « très grave » et prenait « de l'ampleur ». « Le pire est encore devant nous. Nous avons de bonnes promesses de dons, mais cela ne suffit pas pour acheter des médicaments. Nous avons besoin de voir ces promesses converties en chèques », a-t-il ajouté. M. Ban a comparé, quant à lui, la catastrophe à « un tsunami au ralenti », dont « le pouvoir de destruction va s'amplifier avec le temps ».
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, a estimé les pertes matérielles subies par son pays à plus de 43 milliards de dollars. Il a averti que les dégâts allaient probablement s'aggraver avant que les eaux ne se retirent.


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