Au moins six des 15 à 20 millions de victimes de la pire catastrophe naturelle de l'histoire du pays continuent de dépendre de l'aide humanitaire, faute de nourriture, d'eau potable et d'abri près des zones sinistrées. Nombre d'entre eux restaient livrés à eux-mêmes dans des camps de fortune ou le long des routes, à la merci des épidémies de diarrhée, choléra ou typhoïde redoutées par les agences d'aide.
« Nous sommes confiants dans le fait que la communauté internationale ne va pas rester les bras ballants », a souligné M. Giuliano. L'Unicef a annoncé qu'elle allait tripler son appel de fonds pour les victimes des inondations, ayant désormais besoin de 141 millions de dollars (109 millions d'euros).
L'ONU devait se réunir à New York pour accélérer la délivrance de l'aide internationale, critiquée pour sa lenteur. Une résolution pressant la communauté internationale d'aider le Pakistan à se rétablir à moyen et long terme sera également sur la table.
« Nous avons besoin d'une assistance internationale, nous en avons besoin maintenant », a lancé hier le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Shah Mehmood Qureshi, devant l'Asia Society, un groupe de réflexion new-yorkais. Le ministre a dit qu'il mettrait l'accent à cette occasion sur « le grave défi auquel le Pakistan est confronté, au moment où son gouvernement a réussi à bâtir un consensus contre l'extrémisme et le terrorisme ». Il a promis qu'Islamabad mettrait en place des mécanismes « transparents et responsables » pour la prise en charge de l'aide internationale affluant dans le pays.
Après un lent démarrage, l'aide internationale a afflué ces derniers jours. L'ONU a indiqué hier avoir reçu 51 % des 460 millions de dollars de fonds d'urgence qu'elle avait demandés la semaine dernière pour le Pakistan, un allié stratégique des États-Unis secoué par les rébellions islamistes. Islamabad a indiqué mercredi avoir reçu 300 millions de dollars d'aide internationale multilatérale, via l'ONU, et bilatérale.
L'ONU n'a cessé ces derniers jours d'appeler à l'aide pour les sinistrés les plus vulnérables, dont de nombreux femmes et enfants. « Nous avons toujours besoin de plus d'argent, de tentes, de nourriture, d'eau et de médicaments », a souligné mercredi un de ses porte-paroles, Martin Nesirky. Le Japon a annoncé hier l'envoi de six hélicoptères militaires pour participer aux efforts de secours, et l'Arabie saoudite a fait don de 106,7 millions de dollars au Pakistan, selon la presse saoudienne. La France a envoyé un avion chargé de 70 tonnes d'aide humanitaire. La Banque asiatique de développement (BAD) a annoncé hier qu'elle allait débloquer 2 milliards de dollars au Pakistan. Lundi, la Banque mondiale s'est engagée à lui allouer 900 millions de dollars. Le groupe de sages « The Elders » (les Anciens), qui réunit notamment Desmond Tutu et Jimmy Carter, a exhorté hier « le monde à répondre plus rapidement et plus généreusement » à l'appel à l'aide en faveur du Pakistan.
Les services météorologiques annonçaient une accalmie des pluies. Les inondations ont tué près de 1 500 personnes, selon le gouvernement, mais l'ONU a prévenu que ce chiffre pourrait être « bien plus élevé ».


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