La série en trente-trois épisodes dépeint notamment le fondateur du mouvement, Hassan al-Banna, comme un extrémiste voulant imposer la religion par la violence. Les premiers épisodes reviennent sur l'année 2006, lorsque des étudiants des Frères musulmans, cagoulés et habillés en karatékas, avaient défilé dans l'université islamique d'al-Azhar du Caire. Perçue comme un affront aux autorités, la manifestation de force avait choqué par son aspect paramilitaire et avait été suivie d'une vague d'arrestations dans les rangs des islamistes. Le feuilleton retrace l'événement en attribuant aux dirigeants des Frères des intentions violentes. Les autorités égyptiennes sont elles dépeintes comme modérées et cherchant à éviter les affrontements.
Première force d'opposition du pays, le mouvement des Frères musulmans fondé en 1928, officiellement interdit mais toléré par le pouvoir, a réalisé une percée spectaculaire aux législatives de 2005, en raflant un cinquième des sièges. Pour les islamistes, le feuilleton multiplie les « allégations infondées » pour saper la réputation des Frères. « Le choix du moment est évident pour tout le monde, c'est lié aux élections, ils ont peur que ce qui s'est passé aux législatives de 2005 ne se répète », estime Hussein Ibrahim, un député des Frères cité par la presse. Le propre fils du fondateur de la confrérie, Seif el-Islam al-Banna, est intervenu pour dénoncer ce feuilleton qui « provoque la colère des partisans des Frères musulmans à travers le monde ».
Le scénariste est connu pour ses positions hostiles à l'islamisme, mais assure avoir fait preuve d'impartialité et se défend de faire le jeu du pouvoir. « C'est une vision qui ne cherche pas à condamner les Frères musulmans, mais seulement à présenter des vérités historiques », a déclaré à l'AFP Wahid Ahmad. « Il n'y a aucun lien entre le feuilleton et les élections. Les Frères le savent pertinemment », affirme-t-il en soulignant le mauvais résultat de la confrérie à des sénatoriales partielles en juin, bien avant la diffusion de Al-Gama'a.


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