Un pont complètement effondré en raison des glissements de terrain causés par des pluies torrentielles en Chine. Photo AFP
L'été a connu une météo particulièrement difficile avec une mousson exceptionnelle qui frappe depuis plusieurs semaines le Pakistan, une canicule ayant provoqué de gigantesques feux de forêt en Russie, ainsi que des glissements de terrain causés par des pluies torrentielles en Chine et la séparation en deux d'un gigantesque iceberg au Groenland.
Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), ces évènements sont exceptionnels, même au regard des conditions climatiques extrêmes de certaines régions. Il s'agit « d'une séquence sans précédent d'évènements » qui « dépasse en intensité, durée et étendue géographique tous les évènements historiques précédents ». « Cela pose une question urgente pour la science du climat : à savoir si la fréquence et la longueur des épisodes de "blocage" sont en train d'évoluer », explique l'OMM dans un communiqué.
Interrogé par l'AFP, le directeur du Programme de recherches sur le climat sous l'égide de l'OMM et de l'Unesco, Ghassem Asrar, explique que les évènements dramatiques au Pakistan et en Russie ont de fait pour origine un phénomène de blocage des courants atmosphériques. De tels blocages, qui peuvent provoquer une intensification de l'humidité (donc des pluies) ou de la chaleur, semblent devenir de plus en plus fréquents et longs.
Selon M. Asrar, des chercheurs européens avaient modélisé quelques semaines avant son arrivée un phénomène de blocage. Ils « avaient clairement signalé cette information et la suivaient », a-t-il poursuivi, se disant « certain que les deux évènements au Pakistan et en Russie (étaient) liés ». Les mouvements de blocage doivent être en conséquence étudiés de près au même titre que les phénomènes El Niño et La Niña sur l'océan Pacifique, a-t-il insisté. Des réponses à ces phénomènes sont d'autant plus importantes qu'ils ont un « impact sur la vie (des gens) et sur la propriété, comme le montrent les exemples du Pakistan et de la Chine », a encore plaidé M. Asrar.
Cet appel intervient alors que l'ONU prépare sa conférence de Cancun (Mexique) qui doit réunir 45 pays, dont les États-Unis, l'Inde, la Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud, ainsi que l'Union européenne. La Conférence des Nations unies sur le climat doit se dérouler du 29 novembre au 10 décembre. Le Mexique multiplie les initiatives pour faire de Cancun un succès après la conférence de Copenhague de décembre 2009, qui n'a abouti qu'à un accord politique non contraignant, conclu entre une trentaine de pays sur les 192 présents. Le rendez-vous de Cancun est ainsi très attendu après Copenhague où l'objectif de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température de la planète est resté très évasif sur les moyens d'y parvenir.


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