L’Allemagne a affiché une croissance de 2,2 % au deuxième trimestre, du jamais-vu sur un trimestre depuis la réunification.
« Sans surprise après les publications récentes, la Bundesbank a adopté un ton nettement plus positif sur les perspectives pour l'économie allemande », a commenté Julian Callow, de Barclays Capital. L'Allemagne a déjà défié la semaine dernière les prévisions des analystes, affichant une croissance de 2,2 % au deuxième trimestre, du jamais-vu sur un trimestre depuis la réunification. Sur l'année, un taux de croissance d'environ 3 % du produit intérieur brut (PIB) ne serait toutefois pas inédit. Le précédent record date ainsi de 2006, avec une croissance de 3,4 %, après 3,2 % en 2000, a indiqué l'Office fédéral des statistiques Destatis à l'AFP.
L'Allemagne, économie exportatrice qui réagit violemment aux soubresauts de la conjoncture mondiale, est une habituée des fortes variations : l'an dernier, elle avait plus souffert que beaucoup de pays européens avec une récession de 4,7 %. Signe que les rôles sont désormais inversés, la France a un objectif de croissance moitié moindre pour 2010 (1,4 %), et le gouvernement français devrait revoir à la baisse la prévision pour 2011 (2,5 %), jugée trop optimiste, lors de la présentation du budget attendu en septembre. Berlin pourrait faire figure d'exception en zone euro. Pour l'ensemble de la région, la Commission européenne tablait ainsi début mai sur 0,9 %, un chiffre qui doit être réactualisé mi-septembre. Au niveau du rythme de reprise, l'Allemagne joue désormais dans la même cour que les États-Unis, qui tablent officiellement sur 3,2 %. Mais elle reste bien loin des chiffres stratosphériques de la Chine, où la Banque mondiale (BM) attend 9,5 % de croissance cette année.
Comme la plupart des économistes, la Bundesbank estime toutefois que la performance allemande devrait désormais aller decrescendo et « le rythme de croissance se normaliser après un printemps exceptionnel ». Depuis le début de l'année, l'économie allemande est propulsée par la reprise du commerce international, mais « le ralentissement probable des exportations devrait ralentir le rythme de croissance du PIB au deuxième semestre », explique Jürgen Michels de Citi. La Bundesbank répond à ce propos aux critiques des partenaires de Berlin, qui l'ont accusé de jouer avec son modèle exportateur contre le reste du camp européen, plutôt que d'encourager la consommation des ménages. Les autres pays « profitent du rythme de croissance de l'Allemagne », dont les importations « ont connu une augmentation conséquente », explique-t-elle. Et côté consommation, le traditionnel point faible du pays, la Banque centrale voit rose. « Le marché du travail on ne peut plus robuste devrait continuer de soutenir la consommation », observe-t-elle. Autre signe positif, le déficit public allemand devrait être moins élevé que prévu, « nettement sous les 5 % » cette année, à 4 % en 2011, et revenir sous les 3 % en 2012, selon la Bundesbank.


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