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Économie - Liban - Conjoncture

Les tensions politiques risquent d’ébranler la confiance de la diaspora

Selon la banque d'investissement EFG-Hermes, les derniers affrontements à la frontière ainsi que la tension liée au TSL pourraient affecter les transferts effectués par les émigrés et nuire à certains secteurs soutenus par la demande externe, dont l'immobilier.
Malgré les nombreux indicateurs positifs illustrant la résilience de l'économie locale et les performances solides de certains secteurs, comme le tourisme et le secteur bancaire, la banque égyptienne d'investissement EFG-Hermes a mis en garde, dans un récent rapport, contre les derniers rebondissements sur la scène locale, notamment les affrontements à la frontière entre Israël et le Liban et la tension interne liée au Tribunal spécial pour le Liban (TSL). EFG-Hermes a ainsi souligné que ces évènements risquent d'avoir des retombées négatives sur la confiance de la diaspora libanaise et par conséquent sur les transferts effectués par les émigrés, qui constituent une manne financière importante pour le pays, mais aussi sur certains secteurs soutenus par la demande des expatriés, à l'instar de l'immobilier. Le rapport souligne à cet égard la récente baisse des transactions à la Bourse de Beyrouth, en valeur et en volume, qui reflète dans une certaine mesure la méfiance des investisseurs quant aux perspectives d'avenir.
Insistant sur la corrélation entre la stabilité politique et la prospérité économique du pays, EFG-Hermes a de ce fait revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2010 et 2011, à 6,5 % et 5 % respectivement. Ces chiffres, repris par le bulletin hebdomadaire de la Byblos Bank, le Lebanon This Week, sont en deçà des chiffres qui avaient étaient avancés en 2009, notamment pour 2010, les prévisions ayant tablé à l'époque sur une croissance de 9 % pour l'année en cours.
Toujours au sujet de la corrélation entre le politique et l'économique, le rapport a établi un parallélisme avec la période ayant suivi l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri en 2005, durant laquelle la situation économique s'était largement détériorée au Liban, au profit d'autres économies de la région, rappelant que la conjoncture locale avait commencé à se redresser uniquement après le retour à la normale, au lendemain de l'accord de Doha, en mai 2008.
La banque a enfin rappelé le rôle prépondérant de la diaspora dans le soutien de l'économie libanaise, dont les transferts vers le Liban se sont élevés en moyenne à six milliards de dollars annuellement au cours des dernières années. Rappelons à cet égard que les flux de capitaux qui incluent, outre les transferts d'émigrés, les investissements directs étrangers (IDE) et les dépenses touristiques, avaient atteint 7,8 milliards de dollars au premier semestre de l'année.

La baisse du ratio de la dette au PIB devra se poursuivre...
Parallèlement, et au niveau des estimations économiques, la banque d'investissement a dit s'attendre à un taux d'inflation de 3,5 % pour 2010 et de 4 % pour 2011, estimant que la masse monétaire devra augmenter de 9,7 % en 2010, contre 19,5 % en 2009.
Quant aux crédits octroyés au secteur privé, ils devront, selon le rapport, augmenter de 12 % cette année (contre 15 % en 2009), alors que le déficit public qui représentait 8,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, devra atteindre 10,2 % du PIB en 2010, pour retomber à 9,8 % du PIB en 2011.
Malgré la hausse du déficit public, la banque d'investissement a estimé que la dette externe devra reculer de 64 % du PIB fin 2009 à 58 % et 53,2 % respectivement fin 2010 et 2011. La dette interne devra également se contracter, selon le rapport, dans une moindre mesure toutefois, passant de 89 % du PIB fin 2009 à 87 % fin 2010 et 85,4 % fin 2011.
Abondant dans le sens opposé de ces prévisions plutôt positives, rappelons que l'agence de notation internationale Standard & Poor's (S&P) avait mis en garde, dans un récent rapport, contre une détérioration du ratio de la dette au PIB si les réformes tardaient à être appliquées.
S&P avait estimé que le Liban aura besoin de générer d'importants excédents primaires et d'accélérer le chantier de la privatisation pour limiter sa spirale d'endettement, mettant l'accent sur la nécessité urgente de privatiser les secteurs de l'énergie et des télécoms, toujours retardée par l'absence de consensus politique.
Le rapport avait, par ailleurs, pointé du doigt la forte dépendance du gouvernement vis-à-vis du secteur bancaire pour financer son déficit, ajoutant que cette dépendance réduit le roulement du risque associé aux instruments de la dette.
Malgré les nombreux indicateurs positifs illustrant la résilience de l'économie locale et les performances solides de certains secteurs, comme le tourisme et le secteur bancaire, la banque égyptienne d'investissement EFG-Hermes a mis en garde, dans un récent rapport, contre les derniers rebondissements sur la scène locale, notamment les affrontements à la frontière entre Israël et le Liban et la tension interne liée au Tribunal spécial pour le Liban (TSL). EFG-Hermes a ainsi souligné que ces évènements risquent d'avoir des retombées négatives sur la confiance de la diaspora libanaise et par conséquent sur les transferts effectués par les émigrés, qui constituent une manne financière importante...
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