L’un des nouveaux clichés diffusés par « Breaking the Silence ». Photo AFP
Clichés perturbant qui montrent le plus souvent les détenus dans une situation humiliante, sans pour autant témoigner de sévices. Sur l'une des photos, trois soldats israéliens agenouillés posent derrière le corps étendu d'un Palestinien qui semble, au mieux, sérieusement blessé. Sur un autre cliché, deux soldats posent l'arme à la main et le ranger sur la jambe d'un homme étendu sur une civière. Sur un troisième cliché, un soldat israélien découvre, en fixant l'objectif, le visage d'un Palestinien étendu à terre, mort ou blessé. Sur un quatrième cliché, un militaire menace de son arme un homme allongé à terre et auquel on a ôté son pantalon. Ces nouvelles photos, qui avaient pourtant déjà été diffusées par « Breaking the silence » en 2004 sans faire de vagues, vont, cette fois-ci, alimenter la polémique née avec la diffusion des photos tirées de l'album intitulé IDF, les meilleurs années de ma vie d'Eden Abargil. La polémique porte sur deux points. D'abord, le fait que ces pratiques humiliantes semblent courantes au sein de l'armée israélienne. « Nous demandons au porte-parole de l'armée de ne pas insulter l'intelligence du public israélien et de clarifier ce phénomène répandu, qui n'est pas une aberration d'un seul soldat », a réagi l'association « Breaking the Silence », dans un communiqué intitulé « Les habitudes que le porte-parole de l'armée Avi Benayahu nie ». Mardi, un porte-parole de l'armée israélienne avait qualifié de « honteux » le comportement de la soldate Abargil. Polémique, également, sur l'incapacité des soldats à comprendre le caractère choquant des clichés. « Je ne comprends pas ce que j'ai fait de mal. Il n'y a eu de ma part ni violence ni mépris, je n'ai porté atteinte à personne », avait assuré, mardi, Eden Abargil à la radio militaire. Cela « reflète la culture qui s'est enracinée dans des décennies d'occupation et qui considère les prisonniers palestiniens comme des sous-hommes, des objets au mieux d'amusement, au pire, d'abus », notait le Haaretz dans son éditorial d'hier. Le quotidien israélien dresse aussi un parallèle avec la publication en 2004 de photos montrant des militaires américains humiliant de façon beaucoup plus grave des détenus irakiens dans la prison irakienne d'Abou Ghraïb. Yishaï Menuchem du Comité israélien contre la torture a, pour sa part, dénoncé une « attitude devenant une norme, consistant à traiter les Palestiniens comme des objets et non comme des êtres humains ». « Le plus étonnant, c'est qu'en Israël même ces photos aient pu choquer alors qu'il y a des choses bien pires qui se passent » lors des arrestations et des interrogatoires, a encore déclaré à l'AFP Yehouda Shaül, représentant l'ONG « Breaking the Silence ».


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