À l’aéroport de Moscou, des passagers attendent d’embarquer dans leurs avions après que leurs vols furent retardés par les incendies de forêts.Alexey Sazonov/AFP
Dans la capitale russe, prise depuis la semaine dernière dans une fumée âcre et toxique et où dix millions d'habitants sont incommodés, un responsable de la mairie a reconnu hier que le nombre de décès était passé de moins de 400 à environ 700 par jour. « La mortalité a été multipliée par deux », a déclaré le chef du département de la santé à la mairie de Moscou, Andreï Seltsovski. Selon les dernières données officielles disponibles, les incendies se poursuivaient hier dans des districts situés entre 70 et 135 km au sud-est de la capitale. À Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale, la mortalité due à une « canicule anormale » a augmenté de 30 %. « En juillet 6 638 habitants sont morts contre 5 137 pour la même période de l'année dernière », selon le site du service d'état civil. Des défenseurs des droits de l'homme ont demandé dans une lettre ouverte au président Dmitri Medvedev qu'il sollicite une aide massive des pays étrangers, pour éviter « une catastrophe humanitaire ».
Selon les autorités de Moscou, les indices de pollution aux microparticules, au monoxyde de carbone et aux hydrocarbures étaient hier trois fois supérieurs aux seuils d'alerte dans la capitale russe. Alexeï Iablokov, ancien conseiller pour l'écologie au Conseil de sécurité russe, a mis en garde contre une catastrophe sanitaire et écologique majeure, dans un entretien à l'AFP. Plusieurs ambassades étrangères, comme celle du Canada, ont entrepris d'évacuer une partie de leurs ressortissants. Les équipes de football locales ont annoncé quitter la région pour leurs entraînements. Le chef des services sanitaires russe, Guennadi Onichtchenko, a en outre mis en garde contre des épidémies et notamment le choléra, en raison de la canicule.
Les gigantesques feux de forêt qui frappent la Russie occidentale ont fait à ce jour 52 morts, selon un bilan officiel. La canicule qui sévit en Russie occidentale depuis début juillet est la pire « en 1 000 ans », a affirmé hier le directeur des services météorologiques russes. « Ni nous ni nos ancêtres n'avons été témoins d'un tel phénomène (...), depuis la fondation de notre pays », a déclaré ce responsable, Alexandre Frolov, dans des propos retransmis à la télévision publique. « C'est un phénomène unique qui ne trouve pas d'antécédent dans les archives », a-t-il ajouté. Les services météorologiques ont déjà annoncé que la canicule qui frappe la partie occidentale de la Russie depuis début juillet battait tous les records, tant en températures qu'en durée, depuis l'ouverture des registres d'observations de la Russie moderne il y a 130 ans.
La Russie qui a introduit le 5 août l'embargo sur ses exportations de céréales a encore abaissé hier de 10 millions de tonnes, à 60-65 millions de tonnes, sa prévision de récolte, a indiqué le Premier ministre Vladimir Poutine. En 2009, la Russie avait récolté 97,1 millions de tonnes de céréales.


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