L'ambassade des États-Unis à Kaboul a annoncé que les corps avaient été rapatriés en milieu de journée et identifiés avec l'aide de responsables afghans et de représentants des consulats et ambassades américain, britannique et allemand. « Nous pouvons désormais confirmer que six Américains figurent parmi les personnes décédées au Badakhchan », a déclaré la porte-parole de l'ambassade américaine, Caitlin Hayden, en soulignant que l'identité des victimes ne serait pas rendue publique par respect pour les familles. Dans un communiqué, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a condamné l'assassinat des humanitaires et s'est dit bouleversée « par la perte de ces personnes héroïques et généreuses ». Elle a également dénoncé « la tentative grossière des talibans pour justifier l'injustifiable en proférant de fausses accusations sur leurs activités en Afghanistan ». Le groupe d'humanitaires - médecins, ophtalmologues, dentiste et infirmières - était mené par un Américain vivant de longue date à Kaboul, selon Dirk Frans, le directeur exécutif d'International Assistance Mission (IAM), une organisation chrétienne pour qui travaillait Tom Little, le chef de l'équipe. Le groupe voyageait à bord de voitures tout-terrain en raison du relief montagneux de la région, mais ne disposait pas de gardes pour assurer sa sécurité. Les humanitaires revenaient du Nouristan voisin, province sous forte influence talibane, quand ils ont été tués juste après leur entrée dans le Badakhchan, dans le district de Kuran wa Minjan. Tom Little vivait en Afghanistan depuis les années 1970 et parlait couramment le dari. Cet Américain avait son « franc-parler », ne cachait pas sa foi, mais ne cherchait pas à convertir les Afghans, selon M. Frans. Il avait invité le docteur Karen Woo, une Britannique de 36 ans, qui aurait quitté un emploi dans le secteur privé à Londres pour travailler à Kaboul.
À Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a qualifié le meurtre de Karen Woo « d'acte déplorable et lâche qui va à l'encontre des intérêts des Afghans qui dépendaient des services qu'elle contribuait courageusement à fournir ».
De son côté, le ministère afghan de l'Intérieur a ouvert une enquête mais estime « qu'il est prématuré de dire qui a organisé l'attaque, à qui sont affiliés (les assassins) et quelles étaient leurs motivations ». « C'est de plus en plus confus. Les talibans les ont d'abord accusés de prosélytisme. Après, les talibans ont aussi dit qu'il s'agissait d'une équipe d'espions de l'OTAN et ne font plus référence au christianisme », explique le directeur de l'ONG IAM.
À Kaboul, les ONG, sous le choc, réfléchissent aux mesures à prendre. « Nous ne gèlerons pas ou ne réduirons pas nos activités », dit Nasrullah Wali, le coordinateur en chef de l'ONG Handicap International. « Mais il y aura des implications. Nous prendrons des mesures de sécurité supplémentaires », ajoute-t-il.
Par ailleurs, au moins quatre policiers ont été tués hier dans un attentat-suicide à la voiture piégée contre un convoi de la police afghane à Herat.


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