Les appareils du groupe canadien Research in Motion (RIM) présentent selon les experts un niveau de cryptage des données supérieur à la plupart des « smartphones », rendant très difficile la surveillance de leurs utilisateurs. Photo Joseph Eid
Mais quatre heures plus tard, ils ont indiqué que ce service était établi.
Il n'a pas été possible d'obtenir hier, jour chômé en Arabie saoudite, des éclaircissements auprès du régulateur, la Commission de la technologie des communications et de l'information (CITC).
Des employés des services clientèle de deux opérateurs, STC et Mobily, interrogés par l'AFP, ont indiqué sous le couvert de l'anonymat qu'en fait, il n'y a eu aucune suspension et que les deux firmes attendaient une confirmation de la décision officielle du régulateur saoudien.
La CITC avait ordonné mardi une suspension des messageries BlackBerry à partir d'hier, sans préciser l'heure à laquelle elle serait effective.
Elle avait justifié sa décision par le fait que l'utilisation du BlackBerry contrevenait aux réglementations en vigueur dans le pays.
Ryad avait emboîté le pas aux Émirats arabes unis qui avaient annoncé, dimanche, la suspension à partir du 11 octobre des principaux services de BlackBerry en arguant qu'ils n'étaient pas conformes aux réglementations.
L'Arabie saoudite comme les Émirats censurent l'accès à Internet, notamment aux sites pornographiques, ainsi qu'à certains sites politiques.
Les appareils du groupe canadien Research In Motion (RIM) présentent selon les experts un niveau de cryptage des données supérieur à la plupart des « smartphones », rendant très difficile la surveillance de leurs utilisateurs.
Jeudi, les États-Unis et le Canada ont annoncé des discussions avec les pays qui demandent à pouvoir mieux surveiller ces téléphones.
« Nous prenons le temps de nous concerter et d'analyser tout l'éventail des intérêts et des aspects du dossier parce que nous sommes conscients que se posent des questions légitimes de sécurité. Mais il existe également un droit légitime à un accès et à une utilisation sans entraves », a déclaré la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton.
Le porte-parole de Mme Clinton, Philip Crowley, a indiqué que Washington prenait contact avec l'Arabie saoudite, l'Inde et d'autres pays ayant des inquiétudes au sujet du BlackBerry, dans l'espoir de résoudre le problème. Washington souhaite aussi contacter RIM afin de voir comment conjuguer les besoins de sécurité et d'information.
Au Canada, le ministre du Commerce international, Peter Van Loan, a indiqué que son gouvernement « allait prendre la défense de RIM (...) comme nous le faisons chaque fois que des compagnies canadiennes faisant affaire à l'étranger sont confrontées à ce genre de défi ».
Il a annoncé des contacts avec les Émirats (500 000 abonnés), l'Arabie saoudite (700 000 abonnés) et d'autres pays pour trouver une « solution constructive » au différend.
En Inde, le gouvernement a évoqué des questions de sécurité nationale et la difficulté d'un contrôle du BlackBerry, menaçant également d'interdire certains de ses services dans le pays.
Le gouvernement indonésien a démenti envisager de bloquer l'accès à certains services du BlackBerry, tout en reconnaissant souhaiter des aménagements à son système de fonctionnement.
Bahreïn, voisin des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite, a annoncé n'avoir aucune intention de suspendre des services du BlackBerry tandis que le Liban a indiqué ne pas avoir décidé « jusqu'à présent » de suspension.
Bahreïn n'a pas l'intention de suspendre des services du BlackBerry
En effet, le royaume de Bahreïn n'a pas l'intention, contrairement aux Émirats arabes unis et à l'Arabie saoudite, de suspendre des services du téléphone multimédia BlackBerry, a annoncé hier un responsable.
« Il n'y a aucune intention de suspendre dans l'immédiat ou dans un proche avenir des services du BlackBerry », a déclaré le ministre des Affaires du Conseil des ministres en charge des Télécommunications, cheikh Ahmad Ben Atiyatullah al-Khalifa.
Cité par l'agence officielle BNA, il a précisé que le nombre des abonnés avait atteint les 78 000 et ajouté qu'il « n'est pas question de priver de ces services une clientèle d'hommes d'affaires, de fonctionnaires et de particuliers pour lesquels cet outil est devenu indispensable ».
« Le royaume de Bahreïn a choisi de libéraliser le secteur des télécommunications (...) et il désire que les compagnies puissent offrir les meilleurs services disponibles », a-t-il ajouté.
Il a indiqué que son pays voulait ainsi « garder sa position de leader régional dans le secteur des télécommunications », affirmant que ses réglementations lui permettent de prétendre à ce rang.
Les Émirats ont annoncé la suspension à partir du 11 octobre de plusieurs services du BlackBerry en invoquant des questions de sécurité relatives à cet outil doté d'un cryptage ultrasécurisé.


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