Une première en Arabie : plainte d’un détenu politique contre le gouvernement
OLJ /
le 02 août 2010 à 00h15
Trois ans après son arrestation sur de vagues soupçons, un prisonnier politique saoudien, Souleiman al-Rechoudi, a osé porter plainte contre le gouvernement, lui demandant de le juger ou de le libérer. La plainte, une première, a été introduite par des avocats qui n'ont pas accès à leur client. Elle est basée sur un nouveau code qui donne aux détenus un droit de recours contre l'administration. Ce code n'existait pas lorsque M. Rechoudi, un ancien juge de 73 ans, avait été arrêté en 2007 avec d'autres activistes pour avoir demandé des réformes politiques. « Nous voulons faire du cas de M. Rechoudi un exemple », a déclaré Mohammad al-Qahtani de la Saudi Civil and Political Rights Association (ACPRA) qui a adopté le détenu. En six audiences depuis décembre, le ministère de l'Intérieur n'a pas réussi, en dépit de son influence sur la justice, à annuler la plainte. Abdel Aziz al-Wahabi, avocat de M. Rechoudi, y voit un succès. Malgré ce qui a été qualifié par un des partisans du détenu d' « une forte et menaçante présence policière » lors de la dernière audience, le juge a autorisé des défenseurs saoudiens des droits de l'homme à y assister. « C'est la première fois que quelqu'un ose défier publiquement le ministère de l'Intérieur », relève M. Qahtani, un économiste employé par le gouvernement. Le cas Rechoudi peut avoir un impact sur de nombreux détenus qui croupissent dans les prisons saoudiennes, pour la plupart soupçonnés de liens avec el-Qaëda. L'ancien juge avait été arrêté le 2 février 2007 alors qu'il rencontrait à Djeddah (ouest de l'Arabie saoudite) plusieurs personnes réclamant des réformes démocratiques dans le royaume ultraconservateur. Au total, neuf activistes ont été arrêtés, dont sept restent en prison alors que deux ont été libérés pour raisons de santé. La plainte de M. Rechoudi avait été déposée le 16 août 2009 après l'introduction d'un code de protection des prisonniers. Ce texte prévoit de libérer les prisonniers au bout de six mois si aucune procédure légale n'a été engagée contre eux, leur permet de consulter un avocat, d'être interrogés par le procureur du ministère de la Justice et interdit la torture. L'avocat de M. Rechoudi n'a pourtant pas été autorisé à le voir. Ils communiquent à travers la deuxième femme du détenu, Oum Ammar, une Syrienne de 39 ans qui est autorisée à visiter son mari et à lui parler au téléphone.
Trois ans après son arrestation sur de vagues soupçons, un prisonnier politique saoudien, Souleiman al-Rechoudi, a osé porter plainte contre le gouvernement, lui demandant de le juger ou de le libérer. La plainte, une première, a été introduite par des avocats qui n'ont pas accès à leur client. Elle est basée sur un nouveau code qui donne aux détenus un droit de recours contre l'administration. Ce code n'existait pas lorsque M. Rechoudi, un ancien juge de 73 ans, avait été arrêté en 2007 avec d'autres activistes pour avoir demandé des réformes politiques. « Nous voulons faire du cas de M. Rechoudi un exemple », a déclaré Mohammad al-Qahtani de la Saudi Civil and Political Rights...
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