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Moyen Orient et Monde - Afghanistan

Après les fuites de WikiLeaks, Kaboul reproche à Washington une politique « contradictoire »

Le Conseil national de sécurité afghan déplore le silence de Washington sur le rôle du Pakistan.
La publication de dizaines de milliers de documents secrets par le site Internet WikiLeaks fait apparaître la guerre d'Afghanistan sous un nouveau jour, en particulier son impact sur les civils et le rôle du Pakistan dans le conflit.
Réagissant, hier, aux documents divulgués par WikiLeaks, le Conseil national de sécurité afghan a souligné que Washington appliquait une politique contradictoire dans la guerre d'Afghanistan, en feignant d'ignorer le rôle que joue le Pakistan.
Ces documents, au nombre d'environ 77 000, montrent que certains membres des services secrets pakistanais (ISI) ont activement collaboré ou collaborent toujours avec les talibans afghans.
« Nos alliés - et nous le regrettons - n'ont pas prêté l'attention nécessaire au soutien extérieur accordé aux terroristes internationaux (...) », a déclaré le Conseil dans un communiqué. L'État afghan reproche de longue date au Pakistan de s'immiscer dans ses affaires intérieures et accuse son voisin d'organiser des attaques pour le déstabiliser. Les autorités d'Islamabad, qui entretiennent depuis longtemps des relations avec les talibans, démentent s'impliquer dans l'insurrection et disent être elles-mêmes, aujourd'hui, la cible des talibans.
« La politique contradictoire et floue à l'égard des forces qui se servent du terrorisme comme d'un instrument d'ingérence et de sabotage contre des tiers a eu des résultats catastrophiques », ajoute le Conseil de sécurité afghan, sans citer nommément le Pakistan.
Les relations entre le Pakistan et les États-Unis ne devraient cependant pas être affectées par la divulgation des documents, à en croire certains analystes. « Il n'y a pas eu de vive réaction de l'administration américaine envers le Pakistan », fait remarquer Rasul Bakhsh Rais, politologue à l'Université de Lahore. « Au lieu de cela, ils (les Américains) déplorent les divulgations et disent qu'elles portent sur du passé. Ces documents ne dépeignent pas vraiment la situation actuelle et la nature actuelle des relations entre le Pakistan et les États-Unis », dit-il. L'administration Obama, dont les relations avec Islamabad se sont améliorées ces derniers temps, a d'autant plus besoin du Pakistan qu'il peut jouer un rôle pivot pour convaincre certaines factions des talibans de renoncer à la lutte. Aux États-Unis, le président américain Barack Obama a affirmé hier que les documents confidentiels sur l'Afghanistan publiés par la presse ne révélaient rien de nouveau mais justifiaient sa décision de remettre à plat la stratégie américaine dans ce pays, en décembre dernier.
De son côté, le Pentagone a annoncé qu'il lançait une enquête afin d'identifier l'origine des fuites ayant permis au site WikiLeaks de diffuser des dizaines de milliers de documents concernant la guerre en Afghanistan. Cette fuite représente l'une des plus importantes failles jamais constatées dans la sécurité des données militaires américaines. Le département de la Défense a indiqué que l'examen des documents rendus publics par WikiLeaks pourrait prendre « des jours, si ce n'est des semaines », et qu'il était encore trop tôt pour mesurer les dommages subis par la sécurité nationale. Des responsables de l'armée américaine ont toutefois minimisé la portée des révélations apportées par les fuites, et estimé que ces documents étaient surtout des évaluations sommaires reflétant pour l'essentiel les préoccupations officielles du Pentagone sur la conduite de la guerre en Afghanistan. Pour sa part, le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen, s'est dit « consterné » hier. « Je suis consterné par cette diffusion. Je crois clairement qu'il faut faire tout notre possible pour que des fuites comme celles-ci ne se reproduisent pas », a déclaré à la presse l'amiral Mullen, en visite à Bagdad. Il a par ailleurs assuré que ces informations avaient déjà été prises en compte l'an dernier dans la redéfinition de la stratégie américaine en Afghanistan et dans sa relation avec le Pakistan. En outre, l'influente sénatrice démocrate Dianne Feinstein a exhorté le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, à lancer une « enquête de grande ampleur » sur ces fuites. Enfin, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a nié le fait que Téhéran apporte son aide aux talibans en Afghanistan, comme l'affirment certains documents secrets. « Nous ne soutenons aucun groupe », a affirmé le président iranien alors qu'on lui demandait si l'Iran apportait son aide aux insurgés afghans. « Nous ne soutenons que le peuple afghan. Nous soutenons et nous voulons renforcer la sécurité en Afghanistan », a-t-il poursuivi.

La publication de dizaines de milliers de documents secrets par le site Internet WikiLeaks fait apparaître la guerre d'Afghanistan sous un nouveau jour, en particulier son impact sur les civils et le rôle du Pakistan dans le conflit.Réagissant, hier, aux documents divulgués par WikiLeaks, le Conseil national de sécurité afghan a souligné que Washington appliquait une politique contradictoire dans la guerre d'Afghanistan, en feignant d'ignorer le rôle que joue le Pakistan.Ces documents, au nombre d'environ 77 000, montrent que certains membres des services secrets pakistanais (ISI) ont activement collaboré ou collaborent toujours avec les talibans afghans.« Nos alliés - et nous le regrettons - n'ont pas prêté l'attention nécessaire au...
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