Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier en Irak depuis le 10 mai, quand quatre voitures piégées avaient successivement explosé sur le parking d'une usine de textile de Hilla, à 95km au sud de Bagdad, au moment de la sortie des ouvriers. L'attaque avait fait au moins 53 morts et 157 blessés.
Deux heures après l'attentat de Radwaniya, un autre kamikaze s'est fait exploser dans un bureau des sahwa à Qaïm, à 340 km à l'ouest de Bagdad, près de la frontière syrienne, selon une source policière. Deux miliciens et un policier ont péri, et six personnes ont été blessées, dont deux policiers.
Formées d'ex-insurgés ralliés à la lutte contre el-Qaëda, les sahwa ont joué un rôle-clé dans la baisse globale des violences en Irak, selon une stratégie américaine qui a débuté fin 2006 dans la province d'al-Anbar (Ouest), avant d'être reproduite dans la majorité des provinces sunnites d'Irak.
Comme la police et l'armée irakiennes, ces milices sont vite devenues une cible privilégiée des insurgés, qui mènent souvent des expéditions punitives contre ses membres. Financées au départ par l'armée américaine, les milices, dont l'effectif total a atteint 94 000 membres en Irak, sont passées début 2009 sous l'autorité du gouvernement irakien qui en a incorporé 20 % dans ses forces de sécurité. Mais leurs dirigeants se sont souvent plaints d'être abandonnés par les autorités. Le Premier ministre sortant, le chiite Nouri al-Maliki, massivement rejeté par la population sunnite lors des législatives du 7 mars, avait avancé en avril l'idée de placer les milices sahwa au centre des efforts de renseignements pour combattre el-Qaëda.
Ces attentats interviennent au moment où les États-Unis retirent leurs forces de combat. Le contingent américain, actuellement de 74 000 hommes, doit être ramené à 50 000 au 1er septembre. Dans ce contexte, à Bagdad comme à Washington, de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en garde contre le risque que l'impasse politique en Irak faisait peser sur la sécurité d'un pays où les rebelles ont toujours la capacité de frapper fort. Ils l'ont démontré la semaine dernière quand au moins 70 personnes ont péri en trois jours à Bagdad dans des attentats contre un pèlerinage chiite.
Quatre mois après les législatives, l'Irak n'a toujours pas de nouveau gouvernement. Hier, le vice-président américain Joe Biden a déclaré que les forces américaines se retireront d'Irak comme prévu le 31 août, même si ce pays ne se dote pas d'ici à cette date d'un nouveau cabinet. « Il y a un gouvernement de transition. Il y a un gouvernement en place qui travaille. La sécurité en Irak est assurée par les Irakiens, avec notre assistance. Nous aurons encore 50 000 militaires là-bas », a fait observer Biden dans une interview diffusée par la chaîne de télévision américaine ABC.


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