« C'est un cap important puisque depuis des mois et des mois nous dénonçons les prédateurs qui entourent Liliane Bettencourt », a commenté Me Olivier Metzner, avocat de Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de l'héritière des cosmétiques, qui accuse notamment le photographe d'avoir abusé de la faiblesse présumée de sa mère, âgée de 87 ans, pour se faire remettre près d'un milliard d'euros de dons. Ces gardes à vue se déroulent dans le cadre de l'enquête sur le contenu des écoutes clandestines entre Mme Bettencourt et son entourage - l'une des trois enquêtes ouvertes dans cette affaire - qui laissent supposer l'existence d'un blanchiment de fraude fiscale, via l'île d'Arros, non déclarée au fisc, et la révélation de deux comptes en Suisse détenus par Mme Bettencourt.
Les « affaires Bettencourt », aux rebondissements et volets multiples, avaient démarré il y a plusieurs mois par une plainte de la fille de Liliane Bettencourt contre François-Marie Banier. Mais ce conflit familial a pris depuis une tout autre ampleur, entre enregistrements pirates, présomptions d'évasion fiscale, accusations de financement politique illégal : ces affaires ont mis en difficulté le ministre du Travail Éric Woerth, longtemps ministre du Budget, et déstabilisé l'ensemble du gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Gestionnaire discret de l'immense fortune de Liliane Bettencourt, estimée à 17 milliards d'euros, Patrice de Maistre apparaît comme un personnage central, notamment par son rôle présumé dans une éventuelle évasion fiscale. Il a d'ailleurs reconnu fin juin dans un entretien l'existence de deux comptes en Suisse non déclarés d'une valeur de 78 millions d'euros. Cet homme à l'allure aristocratique est aussi lié au couple Woerth : il a engagé Florence Woerth en 2007 dans sa société de gestion de la fortune de Liliane Bettencourt - elle a démissionné fin juin - et a reçu en janvier 2008 les insignes de chevalier de la Légion d'honneur des mains d'Éric Woerth. Surtout, M. de Maistre, 61 ans, a été désigné devant les policiers par l'ancienne comptable de l'héritière de L'Oréal comme l'intermédiaire qui « s'occupait des "politiques" ». Il aurait notamment, selon elle, versé 150 000 euros en liquide en 2007 à Éric Woerth pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, une accusation qu'il réfute vivement.
Artiste touche-à-tout et figure du Tout-Paris, François-Marie Banier, 63 ans, est d'abord un peintre-écrivain séduisant et provocateur, qui joue de son charme pour s'introduire en plus haut lieu, avant de se tourner vers la photographie mondaine. Ami du couple Bettencourt depuis les années 1970, il en reçoit de nombreux cadeaux : contrats d'assurance-vie, chèques, tableaux de maître... Poursuivi pour abus de faiblesse, le photographe devait être jugé début juillet, mais son procès a été renvoyé sine die, en raison des rebondissements suscités par la divulgation des écoutes de conversations entre Mme Bettencourt et ses proches, réalisés par un ancien employé.
Ces enregistrements suggèrent notamment que Mme Bettencourt aurait fait l'acquisition avec son mari, décédé en 2007, de l'île d'Arros sans l'avoir déclaré au fisc. Toujours selon ces écoutes, elle aurait, depuis, cédé l'île à M. Banier. Carlos Vejarano est le gérant de cette île de 1,5 km².


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine