Une source officielle américaine affirmait hier que Shahram Amiri, ici avec son fils à l’aéroport de Téhéran, a reçu cinq millions de dollars de la CIA pour fournir des informations sur le nucléaire iranien. Raheb Homavandi/Reuters
Selon les médias iraniens, Amiri est un « chercheur en radio-isotopes médicaux à l'université Malek Ashtar », qui dépend des gardiens de la révolution, l'armée d'élite et idéologique du régime islamique. Fin mars 2010, la chaîne américaine ABC a affirmé que M. Amiri, présenté comme un physicien nucléaire, avait fait défection et collaborait avec la CIA.
M. Amiri a disparu en juin 2009 en Arabie saoudite où il se trouvait en pèlerinage. Il a répété que des « agents des services de renseignements américains et saoudiens l'avaient enlevé devant son hôtel à Médine (Arabie saoudite) et l'avaient transféré aux États-Unis à bord d'un avion militaire ». Les agents des renseignements américains « m'ont demandé de dire aux médias américains que j'avais demandé l'asile aux États-Unis et que j'avais emmené avec moi des documents et un ordinateur portable contenant des informations secrètes sur le programme nucléaire militaire ». Il a ajouté que les Américains lui ont proposé « 10 millions de dollars pour qu'il donne une interview de 10 minutes à la chaîne de télévision CNN » pour répéter cette version. « Avec l'aide de Dieu, j'ai résisté. Aucun Iranien n'aurait accepté de vendre son pays aux étrangers contre de l'argent », a-t-il ajouté.
« Je suis vraiment surpris par les propos de la secrétaire d'État américaine (Hillary Clinton) qui a déclaré que j'étais libre là-bas et que j'y suis allé librement. Je n'étais pas libre. J'étais gardé par des hommes armés des services de renseignements », a-t-il ajouté. « Les deux premiers mois, j'étais exposé aux pires tortures psychologiques », a-t-il poursuivi. Mme Clinton avait affirmé mardi que M. Amiri « (était) libre de partir et était libre de venir » aux États-Unis. « Des Israéliens étaient présents lors de certains de mes interrogatoires (aux États-Unis) et il était évident qu'ils avaient un plan pour me transférer en Israël », a précisé M. Amiri.
Le quotidien américain Washington Post, citant une source officielle américaine ayant requis l'anonymat, avait affirmé que M. Amiri avait reçu cinq millions de dollars de la CIA pour fournir des informations sur le nucléaire iranien. Le scientifique a refait surface aux États-Unis en se réfugiant à la section des intérêts iraniens à Washington et a demandé de pouvoir retourner en Iran. Wahsington n'a pas indiqué si l'Iranien avait livré des informations sur le nucléaire iranien ni commenté la façon dont il s'était retrouvé aux États-Unis.
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Hassan Ghashghavi, présent à l'aéroport a nié que la « libération » du scientifique soit liée à un quelconque échange avec trois Américains détenus en Iran depuis plus d'un an. Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a déclaré que le retour de M. Amiri était le « résultat de deux années d'efforts » menés par l'Iran. « Les détails de son enlèvement seront clarifiés après enquête », a-t-il précisé.


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