Téhéran ne cherche pas à se doter de telles armes « stupides » et est « fermement en faveur du désarmement », a affirmé le président iranien.Atta Kenare/AFP
M. Ahmadinejad a rejeté au passage les accusations du chef de la CIA Leon Panetta, qui a déclaré dimanche que l'Iran pourrait avoir des armes nucléaires dès 2012. Téhéran ne cherche pas à se doter de telles armes « stupides » et est « fermement en faveur du désarmement », a-t-il réaffirmé. Côté russe, le président russe Dmitri Medvedev a jugé « inquiétantes » les informations de la CIA, affichant des doutes sérieux sur la nature du programme nucléaire de son partenaire commercial.
Le président iranien a par ailleurs réclamé que de nouveaux pays participent aux discussions sur le programme nucléaire iranien, dans lesquelles Téhéran se trouve jusqu'à présent opposé aux seules grandes puissances. Les négociations sur un éventuel échange de combustible nucléaire avec ces puissances, jusqu'à présent menées avec les États-Unis, la Russie et la France sous l'égide de l'AIEA, devront être élargies à la Turquie et au Brésil cosignataires d'une offre faite par Téhéran en mai, a-t-il affirmé. Cette offre vise à échanger de l'uranium iranien faiblement enrichi contre du combustible hautement enrichi afin de créer un climat de confiance avec la communauté internationale. Mais elle a été froidement accueillie par les grandes puissances qui y ont vu une manœuvre de diversion, Téhéran ayant annoncé son intention de poursuivre malgré tout la production d'uranium hautement enrichi à 20 % qui est au cœur des inquiétudes internationales.
De même, les négociations plus générales sur le dossier nucléaire iranien menées avec le groupe des Six (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne) devront être élargies à des « pays indépendants qui croient à la justice et au respect » dans les relations internationales, a déclaré M. Ahmadinejad sans citer de nom.
Le président iranien a posé deux autres conditions à une reprise des discussions : que les grandes puissances « donnent clairement leur position sur les armes nucléaires que possède le régime sioniste », ennemi juré de Téhéran, et qu'elles « disent clairement quel est le but des négociations ».
L'Iran, qui a très mal pris le vote des nouvelles sanctions par ses alliés russe et chinois, a élargi ces dernières semaines ses critiques, traditionnellement dirigées contre les Occidentaux, à l'ensemble de « grandes puissances » accusées de chercher à « préserver leur monopole nucléaire ».
M. Ahmadinejad a enfin lancé un avertissement contre toute tentative d'inspecter les navires iraniens en haute mer comme le permet la nouvelle résolution de l'ONU : « Nous nous réservons le droit de faire la même chose, et l'expérience montre que nous sommes capables de défendre notre droit. Si certains insistent pour cela, ils vont le regretter », a-t-il affirmé.


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