Le baron présumé de la drogue de Jamaïque, Christopher « Dudus » Coke.Photo AFP
Des émeutes urbaines avaient éclaté le 23 mai dans le bidonville de Tivoli Gardens (ouest de Kingston) lorsque les forces de sécurité jamaïcaines avaient tenté de l'arrêter. Le bilan de ces quatre jours de violences est d'au moins 73 morts.
Christopher Coke, 42 ans, est sous le coup d'une demande d'extradition des États-Unis. Son arrestation s'est déroulée dans le calme à un barrage routier établi par les forces de l'ordre à St. Catherine Parish. Le parrain présumé de la drogue a été placé en détention préventive. D'après un pasteur qui l'accompagnait, Coke a été arrêté alors qu'il se rendait de lui-même à l'ambassade des États-Unis pour se livrer. Le révérend Al Miller a ajouté que Coke l'avait contacté dans la journée pour lui demander d'organiser sa reddition. Il souhaitait se livrer à l'ambassade américaine par crainte d'exactions policières, a expliqué le religieux. « Il voulait également renoncer à son droit à faire appel de l'extradition de sorte qu'il pourra se rendre aux États-Unis et comparaître en procès », a dit le révérend Miller.
D'après les procureurs américains, Christopher Coke est le chef actuel du « Shower Posse », une bande criminelle qui a assassiné par le passé des centaines de personnes lors des guerres autour du marché de la cocaïne dans les années 1980. Il est aussi un partisan du Parti travailliste jamaïcain, au pouvoir, et jouit d'une forte influence dans les quartiers déshérités de l'ouest de la capitale.
Le chef de la police nationale, Owen Ellington, a félicité ses troupes et leur a enjoint d'être sur leurs gardes dans l'éventualité de nouveaux troubles. Il a ajouté qu'il ne savait pas à ce stade si Coke serait inculpé par la justice jamaïcaine, qui pourrait le poursuivre si elle estime que sa responsabilité est engagée dans la mort de deux policiers et d'un soldat lors des émeutes du mois dernier.
Coke risque la prison à vie s'il est extradé et reconnu coupable aux États-Unis.

