Le géant gazier, qui avait déjà réduit ses livraisons au Belarus de 15 % lundi, est passé hier à la vitesse supérieure, en supprimant 30 %. Il envisage d'aller jusqu'à 85 % en l'absence d'accord. Gazprom a assuré avoir pris des mesures pour que ses clients européens ne souffrent pas du conflit, comme cela avait été le cas lors de la guerre du gaz entre la Russie et l'Ukraine en janvier 2009. « Nos clients européens vont recevoir tout le volume prévu dans nos contrats, indépendamment des agissements de Minsk », a assuré le porte-parole du géant public, Sergueï Kouprianov. Le groupe envisage notamment d'augmenter ses livraisons via l'Ukraine voisine et de puiser dans ses réserves souterraines situées en Europe. Le président russe Dmitri Medvedev a « donné toutes les instructions nécessaires » pour contrer l'arrêt du transit, a pour sa part indiqué sa porte-parole Natalia Timakova, citée par les agences russes. L'Union européenne a toutefois tenu à rappeler hier les deux capitales au respect de leurs « obligations contractuelles ». « Nous attendons que le transit du gaz ne soit pas affecté et que les obligations contractuelles soient remplies », a déclaré à la presse la porte-parole de l'Exécutif européen pour les questions d'énergie, Marlene Holzner.
Les Européens avaient déjà subi en janvier 2009 une interruption de deux semaines des livraisons russes, suite à un conflit entre Moscou et Kiev. Si le Belarus devait cesser d'approvisionner l'Europe, la Lituanie serait le pays de l'UE le plus touché. La Pologne et l'Allemagne pourraient être affectées indirectement, selon Bruxelles. De l'avis général, la crise actuelle paraît toutefois moins grave qu'en 2009 pour l'Europe, car elle affecte des volumes de gaz moins importants et parce qu'elle intervient à un moment de demande relativement faible (période estivale et crise économique). Régulièrement confrontée à des problèmes d'arriérés de paiement de Minsk, la Russie lui avait donné jusqu'à lundi pour s'acquitter de sa dette gazière accumulée depuis le début de l'année et qui atteint, selon Gazprom, 192 millions de dollars. Un haut responsable de la présidence bélarusse interrogé par l'AFP a appelé les Occidentaux à se mettre à la place des Bélarusses et à ne pas céder aux pressions de la « machine de propagande russe ». « Nos partenaires occidentaux doivent comprendre la situation », a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat. Pour la presse russe, cette nouvelle guerre du gaz s'explique surtout par le refus du Belarus d'adhérer à une union douanière, un projet mené par Moscou, et qui peine à démarrer.


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