Le président russe lors de son allocution devant le Forum de Saint-Pétersbourg, hier. Alexander Nemenov/AFP
« La Russie change, et pour elle-même et pour le reste du monde », a déclaré le chef de l'État dans son discours d'ouverture de la quatorzième édition du forum, qui se déroule dans l'ancienne capitale impériale russe.
Depuis son accession au Kremlin en mai 2008, M. Medvedev a fait de la modernisation de la Russie un de ses leitmotivs pour sortir le pays de sa forte dépendance aux exportations d'hydrocarbures.
Celle-ci a été l'un des principaux facteurs de la sévère contraction de l'économie russe en 2009, quand la crise économique mondiale a provoqué une chute des cours du brut. Le pays, qui jusqu'alors pouvait se targuer de taux de croissance flatteurs, avait alors enregistré une chute de 7,9 % de son produit intérieur brut.
Toutefois, de nombreux économistes critiquent le président russe, jugeant son discours purement rhétorique.
À Saint-Pétersbourg, M. Medvedev a souligné que transformer une économie n'était pas l'affaire de quelques jours. « Il faut du temps pour changer, mais nous le ferons », a-t-il promis.
« La Russie doit devenir un pays qui attire des gens du monde entier désireux de réaliser leurs rêves », a-t-il souligné, ajoutant que ces objectifs étaient « réalistes et accessibles ».
Mais pour réussir cette modernisation, le président a reconnu qu'il fallait attirer plus de capitaux de l'étranger.
« Il est évident que les investissements sont un des principaux facteurs de développement en termes d'innovation et de modernisation réussie. La Russie a besoin d'un véritable boom des investissements », a-t-il dit.
Dans ce contexte, il a annoncé plusieurs mesures destinées à séduire les hommes d'affaires étrangers, parmi lesquelles la suppression à partir de 2011 des taxes sur les investissements directs de long terme et des impôts sur les dividendes. Il a aussi rappelé que le pays était en train de simplifier le régime des visas de travail pour les étrangers hautement qualifiés.
Par ailleurs, le président a répété que la Russie était en train de sortir de la crise. « Notre économie se rétablit », a-t-il déclaré, indiquant que le pays avait connu sur les cinq premiers mois de 2010 une croissance d'environ 4 %.
Il a aussi insisté sur le fait que l'économie russe avait été pour l'heure épargnée par la crise de la dette qui a touché la zone euro.
« Nous n'avons pas de problème avec notre dette souveraine, elle est minimale », a-t-il dit, ajoutant que le déficit budgétaire du pays se maintenait dans des limites raisonnables.
Stanley Fischer, gouverneur de la Banque centrale d'Israël et ancien directeur adjoint du Fonds monétaire international (FMI), qui participait aux côtés de M. Medvedev à une session de réflexion sur l'économie mondiale, a qualifié le discours du président russe d'ébauche « de la prochaine étape dans la transition de la Russie vers une économie développée ».
En dépit de ces appels à la modernisation, le forum a été assombri par la saisie mercredi de 100 000 exemplaires d'un rapport critique sur le Premier ministre Vladimir Poutine, écrit par les opposants libéraux Boris Nemtsov et Vladimir Milov.
Hier, cinq membres du mouvement d'opposition Front civique uni ont été interpellés alors qu'ils tentaient d'en distribuer des exemplaires, a indiqué Olga Kournossova, directrice de la branche locale du mouvement, à la radio Echo de Moscou.


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