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Moyen Orient et Monde - Violences

Les dirigeants irakiens désespèrent de former rapidement un gouvernement

Six morts et plus de 80 blessés dans des attentats à la voiture piégée au nord de Bagdad.
Les deux principaux candidats au poste de Premier ministre en Irak ont affiché hier leur pessimisme sur les chances de former rapidement un nouveau gouvernement malgré les pressions américaines, s'attirant une mise en garde de la plus haute autorité chiite du pays.
Si le nouveau Parlement s'est réuni lundi en séance inaugurale, plus de trois mois après les législatives, le blocage demeure total sur la formation de l'Exécutif, suscitant l'inquiétude de Washington qui souhaite que ses troupes de combat quittent l'Irak dans un contexte politique apaisé. Les forces américaines doivent être ramenées à 50 000 après le 1er septembre contre 88 000 actuellement, conformément à la stratégie de retrait graduel du président Barack Obama. En visite à Bagdad, le sous-secrétaire d'État américain pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a rencontré cette semaine les principaux responsables politiques pour faire avancer les tractations.
« Nous sommes toujours loin » de former un cabinet, a cependant déclaré hier à CNN l'ex-Premier ministre laïc Iyad Allaoui, dont le Bloc irakien est sorti en tête (91 sièges sur 325) du scrutin, suivi de l'Alliance de l'État de droit (AED) du Premier ministre sortant chiite Nouri al-Maliki (89). Au cœur du problème, le fauteuil de chef du gouvernement, auquel ni M. Allaoui ni M. Maliki n'ont renoncé. Interrogé pour savoir s'il était prêt à se retirer de la course, M. Allaoui a répondu : « La question est beaucoup plus complexe que cela. » M. Maliki a semblé prendre un avantage en fédérant toutes les forces chiites pour former le premier bloc parlementaire (159 sièges), mais son maintien au pouvoir est loin de faire consensus parmi les chiites.
Guide spirituel des chiites (60 % de la population), Ali Sistani a averti hier que cette impasse pourrait l'amener à intervenir personnellement dans la crise, ce qui serait une première depuis 2004. « Le grand ayatollah espère qu'un gouvernement efficace et capable de régler les problèmes du pays sera formé au plus vite et qu'il n'y aura pas un vaste problème politique nécessitant l'intervention des autorités religieuses », a déclaré son porte-parole dans la ville sainte de Najaf. « Le grand ayatollah ne soutiendra aucun candidat au poste de Premier ministre et n'en refusera aucun », a encore dit Hamed al-Khaffaf. M. Khaffaf a en outre démenti toute responsabilité du grand ayatollah dans la formation d'une coalition entre l'AED et l'ANI, qui peuvent compter sur le soutien des Kurdes pour obtenir une large majorité au Parlement.
Sur le plan des violences, six personnes ont été tuées hier et plus de 80 autres blessées dans deux attentats à la voiture piégée au nord de Bagdad, dont le plus meurtrier visait la maison d'un conseiller provincial turkmène, a-t-on appris de sources policières. Par ailleurs, trois obus de mortier se sont abattus à proximité de l'aéroport international de Bagdad, une zone ultrasécurisée, a-t-on également appris de sources policière et militaire. Il s'agit selon ces sources des premiers tirs d'obus dans ce secteur depuis deux ans et demi.
Les deux principaux candidats au poste de Premier ministre en Irak ont affiché hier leur pessimisme sur les chances de former rapidement un nouveau gouvernement malgré les pressions américaines, s'attirant une mise en garde de la plus haute autorité chiite du pays.Si le nouveau Parlement s'est réuni lundi en séance inaugurale, plus de trois mois après les législatives, le blocage demeure total sur la formation de l'Exécutif, suscitant l'inquiétude de Washington qui souhaite que ses troupes de combat quittent l'Irak dans un contexte politique apaisé. Les forces américaines doivent être ramenées à 50 000 après le 1er septembre contre 88 000 actuellement, conformément à la stratégie de retrait graduel...
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