Par ailleurs, l'opinion publique dans les pays occidentaux et dans certains pays musulmans est prête à envisager un conflit avec l'Iran afin d'empêcher ce pays de mettre au point l'arme atomique, selon un sondage de l'institut américain Pew Research Center publié jeudi. Cette enquête menée dans 22 pays montre que les Américains sont les plus enclins à un recours aux armes contre Téhéran, 66 % d'entre eux jugeant que le plus important est « d'empêcher l'Iran de mettre au point des armes nucléaires », contre 24 % qui jugent préférable « d'éviter un conflit armé ». Les Français apparaissent ensuite comme les plus belliqueux (59 % contre 41 %). Les Allemands (51 % contre 39 %) et les Britanniques (48 % contre 37 %) semblent plus partagés. Plusieurs pays à majorité musulmane où l'enquête a été menée révèlent des opinions prêtes à une résolution par les armes de la question nucléaire iranienne, notamment l'Égypte (55 % contre 16 %), la Jordanie (53 % contre 20 %) et le Liban (44 % contre 37 %). Les Turcs sont d'un avis contraire (37 % pour éviter un conflit, 29 % pour interdire l'arme nucléaire à l'Iran), de même que les Pakistanais (34 % contre 21 %). Les Russes sont partagés (32 % dans chaque camp) tandis que les Chinois sont contre un conflit par 43 % contre 35 %. Dans tous les pays, l'opinion est majoritairement favorable à un renforcement des sanctions économiques contre l'Iran, sauf en Inde et au Pakistan. L'image de l'Iran est négative dans tous les pays étudiés.
En outre, campant sur ses positions, l'Iran a encore estimé que les sanctions adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU sont « illégales et invalides » et a demandé leur révocation, dans un communiqué publié hier par le Conseil suprême de la sécurité nationale. Le communiqué affirme que la résolution adoptée le 10 juin viole un article de la Charte des Nations unies ainsi que les règlements de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Les dirigeants iraniens ont répété à plusieurs reprises que les sanctions n'auront aucun impact, mais des mesures complémentaires adoptées par les États-Unis et par l'Union européenne pourraient avoir un impact sur le secteur de l'énergie crucial pour l'économie iranienne, estiment les experts.
Pour sa part, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a salué les nouvelles sanctions prises cette semaine par l'Union européenne et l'Australie.
Les mesures européennes et australiennes « participent du vigoureux effort de la communauté internationale de prendre la résolution 1929 du Conseil de sécurité de l'ONU comme base pour réagir au refus de l'Iran de se conformer à ses engagements internationaux », a dit Mme Clinton dans un communiqué publié jeudi. L'Australie et l'Union européenne « envoient un message clair aux dirigeants iraniens : respecter vos responsabilités internationales ou affronter une isolation grandissante au niveau mondial », a-t-elle ajouté. Mme Clinton a dit espérer que la résolution de l'ONU ajoutée à ces nouvelles mesures vont inciter les dirigeants iraniens à « adopter une posture plus constructive ».


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