Mais il marque une étape de plus de la déchéance des deux groupes. Coté depuis 1970, Fannie Mae approchait la limite des 30 jours autorisés sous le cours minimum (1 dollar). Coté depuis 1988, Freddie Mac, qui avait encore un peu de marge à la clôture mardi (1,22 dollar), a lourdement chuté sous cette barre hier. Les deux actions ont valu respectivement jusqu'à 85 et 73 dollars. « Fannie » et « Freddie », sauvés par leur mise sous tutelle publique en septembre 2008, sont les piliers qui soutiennent à eux deux l'emprunt immobilier américain. Selon des données de la banque centrale (Fed), ils détiennent plus de 53 % des 10 749 milliards de dollars de prêts immobiliers résidentiels du pays. Bon nombre de ces prêts ont été consentis durant les années de bulle spéculative sur l'immobilier (2003-2006) à des ménages aux finances fragiles qui sont aujourd'hui incapables de les rembourser. Sans Fannie Mae et Freddie Mac, et sans l'aide du budget de l'État fédéral, ces prêts hasardeux auraient probablement eu la capacité de faire sombrer le système bancaire américain dans son ensemble. « Le soutien de l'État reste vital » aux deux groupes et plus généralement au marché immobilier, constatait au début du mois l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's.
Depuis décembre, le gouvernement a retiré le plafond aux lignes de crédit dont Fannie Mae et Freddie Mac bénéficient auprès du Trésor. À ce jour, ils ont été renfloués à hauteur de 145 milliards de dollars. Et il est assuré que la facture ne va cesser de grimper, jusqu'à des niveaux qui dépendront du rythme de reprise du marché immobilier. Fannie Mae et Freddie Mac « continueront à coûter des milliards de dollars si l'emploi et les prix de l'immobilier ne s'améliorent pas et si les taux d'intérêt partent à la hausse », affirmaient hier les analystes de Mann International.


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