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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Au Koweït, la canicule tourne à la crise politique

Les députés de l'opposition réclament des comptes au gouvernement en raison des pannes de courant.
Pour cet émirat désertique, c'est un record. Mardi, les services de la météo ont enregistré une température de 52 degrés Celsius à l'ombre. « C'est la plus haute température jamais enregistrée depuis plus de 30 ans », a déclaré à l'AFP le directeur de ces services, Khaled al-Shuaibi. « Il fait anormalement chaud depuis plusieurs jours et la température dépasse les 50 degrés quatre heures par jour », ajoute-t-il. Il a attribué cette vague de chaleur à une dépression atmosphérique faisant souffler de l'air chaud en provenance du sous-continent indien. Au poste-frontière désertique d'Abdali, à la frontière avec l'Irak, la température a atteint 53 degrés Celsius.
S'il fait chaud au Koweït en été, la canicule est arrivée tôt cette année. Et la consommation d'électricité a fait un bond car tout est climatisé. Mardi, la consommation a atteint 10 921 mégawatts, alors que la capacité de production du pays est de 10 950 mégawatts. Les autorités ont appelé la population à rationner l'utilisation du courant et demandé aux ministères et aux institutions publiques de faire de même. Les écoles maternelles sont restées fermées hier, pour le second jour consécutif, alors que les lycées ont uniquement accueilli les élèves venant passer des examens. Des dizaines de quartiers résidentiels ont connu des pannes de courant de plusieurs heures, mais les autorités ont assuré qu'elles étaient dues à des pannes de transformateurs et non à une pénurie d'électricité. Mais le ministre de l'Électricité et de l'Eau, Bader al-Azemi, a averti la population que la situation en été serait « très difficile », car les centrales tournant à plein régime pourraient être affectées. Il a indiqué que la crise résultait du fait qu'aucune nouvelle centrale électrique n'a été bâtie depuis 1988.
Les explications du pouvoir n'ont toutefois pas satisfait l'opposition. Les députés de l'opposition ont ainsi réclamé la tenue d'une séance extraordinaire du Parlement dimanche afin que le gouvernement s'explique sur la production insuffisante de courant et les pannes. « Le gouvernement est incapable de faire face à cette crise », a affirmé le député islamiste Fayçal al-Muslim. Un autre élu islamiste, Khaled al-Sultan, a estimé que la situation était « le résultat de la corruption au ministère de l'Électricité et de l'Eau », appelant à la démission du ministre. Trois élus ont proposé de limiter les heures de travail - déjà réduites par rapport à d'autres pays - et de laisser les fonctionnaires partir à midi au lieu de 14h30 ; le gouvernement a répondu qu'il allait examiner cette idée. La persistance des tensions entre l'exécutif et le législatif ont alimenté, ces dernières années, des crises politiques à répétition.
L'émirat a signé en septembre 2009 un contrat de 2,7 milliards de dollars avec la compagnie américaine General Electric et le groupe sud-coréen Hyundai Heavy Industries pour la construction d'une centrale qui aura, à son entrée en service à la mi-2012, une capacité de 2 000 mégawatts. Au Koweït, l'État-providence subventionne largement l'électricité, qui est proposée à 0,7 cent par kilowatt/heure aux 1,1 million de Koweïtiens et 2,35 millions de résidents étrangers.
Pour cet émirat désertique, c'est un record. Mardi, les services de la météo ont enregistré une température de 52 degrés Celsius à l'ombre. « C'est la plus haute température jamais enregistrée depuis plus de 30 ans », a déclaré à l'AFP le directeur de ces services, Khaled al-Shuaibi. « Il fait anormalement chaud depuis plusieurs jours et la température dépasse les 50 degrés quatre heures par jour », ajoute-t-il. Il a attribué cette vague de chaleur à une dépression atmosphérique faisant souffler de l'air chaud en provenance du sous-continent indien. Au poste-frontière désertique d'Abdali, à la frontière avec l'Irak, la...
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