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Économie - Éclairage

Taxe sur les transactions financières : un pari franco-allemand osé

De nombreux pays restent opposés à des projets flous qui seraient surtout destinés à rassurer les opinions publiques.
L'Allemagne et la France ont annoncé une proposition de taxes sur les banques et sur les transactions financières au prochain sommet du G20, mais de nombreux pays sont opposés à ces projets flous qui seraient surtout destinés à rassurer les opinions publiques.
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy avaient annoncé lundi à Berlin qu'ils adresseraient une lettre commune en ce sens au président en exercice du G20, le Premier ministre canadien Stephen Harper. Le prochain sommet des pays industrialisés et émergents se tiendra les 26 et 27 juin à Toronto (Canada).
L'Union européenne comme les États-Unis sont en faveur d'une taxe sur les bénéfices des banques pour qu'elles contribuent à payer la facture de la crise, mais une taxe sur les transactions financières est loin de faire l'unanimité. D'ailleurs, les contours de cet impôt sont encore nébuleux, même en Allemagne, alors que c'est le gouvernement Merkel qui en a pris l'initiative.
Fin mai, la chancelière évoquait encore indifféremment une taxe sur les transactions financières et une taxe sur les activités financières. La première option serait une sorte de « taxe Tobin », le prélèvement d'une portion fixe du volume de toute transaction. La seconde serait prélevée sur la somme des profits et de la rémunération, comme l'a proposé en avril le Fonds monétaire international (FMI).
Une taxe sur les transactions ou sur les activités financières pourrait rapporter 2 milliards par an à l'État à partir de 2012, a récemment affirmé Mme Merkel. Aucun chiffre n'a été avancé côté français. La Commission européenne avait évalué en avril à 20 milliards d'euros les recettes potentielles en Europe.
Ces estimations sont « du grand n'importe quoi », selon Luise Hölscher, spécialiste de l'imposition des grandes sociétés à la Frankfurt School of Finance.
Si la taxe est trop importante, les activités financières migreront vers des cieux plus cléments et les États n'en retireront rien, explique-t-elle.
La Suède avait expérimenté isolément dans les années 1990 une taxe sur les transactions financières, pour l'abandonner après une chute des échanges à la Bourse de Stockholm, rappelle-t-elle.
De son côté, le FMI a estimé qu'une éventuelle taxe sur les transactions financières risquait tout simplement d'être répercutée sur les consommateurs.
Début juin, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso s'est prononcé en faveur d'une taxe sur les transactions financières, tout en jugeant « extrêmement difficile » de l'imposer au niveau mondial, évoquant des « résistances énormes ».
Même au sein de l'Union européenne, la partie n'est pas gagnée. En Grande-Bretagne, la nouvelle coalition au pouvoir affirme certes préparer une taxe sur les banques, mais le projet d'une taxe sur les transactions financières semble être enterré. Or, la plupart des échanges du secteur en Europe se font à la City de Londres.
Dans l'entourage de la ministre française de l'Économie Christine Lagarde, on confirme que la taxe sur les banques est « un sujet plus mûr » que celle sur les transactions financières, sujet sur laquelle il y a « beaucoup plus de divergences », notamment avec les États-Unis.
La taxe sur les transactions financières est un projet « mort-né » qui répond plutôt à une logique d'activisme politique, selon Luise Hölscher. « C'est un impôt que l'on peut facilement exiger comme on sait qu'il ne va pas aboutir. On pourra toujours dire après : "J'ai fait quelque chose, mais les autres ne voulaient pas". »

L'Allemagne et la France ont annoncé une proposition de taxes sur les banques et sur les transactions financières au prochain sommet du G20, mais de nombreux pays sont opposés à ces projets flous qui seraient surtout destinés à rassurer les opinions publiques.La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy avaient annoncé lundi à Berlin qu'ils adresseraient une lettre commune en ce sens au président en exercice du G20, le Premier ministre canadien Stephen Harper. Le prochain sommet des pays industrialisés et émergents se tiendra les 26 et 27 juin à Toronto (Canada).L'Union européenne comme les États-Unis sont en faveur d'une taxe sur les bénéfices des banques pour qu'elles...
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