Saad Hariri lors de son discours sur la nécessité d’accélérer les réformes.
Un climat économique favorable aux réformes
« Les réformes économiques ne pourront voir le jour que dans un contexte de stabilité macroéconomique », a indiqué le Premier ministre Saad Hariri dans son intervention. « C'est la première fois que des projets de réforme sont proposés dans une phase où plusieurs indicateurs macroéconomiques affichent des résultats positifs », a-t-il ajouté. Il a d'ailleurs tenu à rappeler que le ratio de la dette au PIB a chuté de plus de 30 points au cours des trois dernières années et que la croissance enregistrée pour cette même période a été de 8 % ; une croissance soutenue notamment par un accroissement des flux de capitaux. Pour Justin Alexander, journaliste spécialiste du Liban à l'hebdomadaire The Economist, ces flux « sont vitaux pour le pays, car, en dépit des déficits commerciaux, la balance des paiements reste excédentaire ». De plus, selon la société de conseils et de recherche du groupe britannique, Economist Intelligence Unit (EIU), la croissance économique au Liban sera de 5,6 % en 2010 et de 5,3 % en 2011, soutenue par des prévisions positives pour la saison touristique. Ces prévisions de la croissance, bien qu'inférieures aux taux de croissance enregistrés ces trois dernières années, restent supérieures à la moyenne du pays depuis la fin de la guerre civile. Elles sont également supérieures aux prévisions de croissance pour la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA). Pourtant, le climat n'est pas au beau fixe pour autant. En effet, à cause de l'absence de réformes économiques, le manque à gagner et les déséquilibres de la distribution des richesses se font sentir dans plusieurs secteurs et régions du Liban.
Des secteurs économiques sont sous-exploités
En effet, l'EIU a souligné que les indicateurs mentionnés ci-dessus pourraient être plus élevés, étant donné que de nombreux secteurs économiques du pays sont encore sous-exploités. La croissance actuelle n'est en effet que le fruit de l'activité de certains secteurs spécifiques, concentrés surtout dans la capitale. Un déséquilibre accentué notamment par l'incertitude quant à la stabilité du climat politique à long terme. Pour cela, les experts réunis ont à l'unanimité souligné l'urgence des réformes, dont la privatisation est l'une des principales.
De l'importance de privatiser certains secteurs-clés
Dans ce contexte globalement favorable, le Premier ministre a souligné la volonté de son gouvernement d'« impliquer le secteur privé dans la mise en place et la distribution de certains services publics, à travers les initiatives du Partenariat public privé (PPP) ». La ratification de ce PPP encouragera donc, selon lui, « un grand nombre d'expatriés à rentrer au Liban et à investir ». Le Premier ministre Hariri a également souligné les conséquences positives des retombées économiques positives sur l'emploi. Ainsi, « la privatisation du secteur des télécoms est susceptible de créer plus de 60 000 offres d'emplois », a-t-il indiqué.

