Les forces de l'OTAN, engagées à Kandahar - berceau des talibans - pour rétablir l'autorité de Kaboul, ont repoussé « de deux à trois mois » une partie de l'offensive qu'ils avaient planifiée contre les insurgés dans certains districts, avait indiqué la veille à l'AFP un haut gradé américain. Une partie des 30 000 soldats promis en renfort par le président Barack Obama « a commencé à arriver au cours des dernières semaines et la majorité est destinée à Kandahar », avait expliqué le général Ben Hodges, responsable des forces armées américaines dans le sud afghan.
L'opération, qui devait culminer durant l'été, se répartit sur trois zones : les districts entourant Kandahar et servant de base aux insurgés, en particulier Zhari, à l'ouest, et Arghandab, au nord ; la périphérie immédiate de Kandahar pour en contrôler l'accès, et l'intérieur de la ville où les troupes étrangères vont redoubler d'efforts pour former une police afghane encore peu fiable et en sous-nombre. Selon des sources militaires américaines, le calendrier religieux, avec le ramadan commençant le 11 août, aurait également justifié un report d'une partie des opérations.
Parallèlement, le nouveau Premier ministre conservateur britannique David Cameron a exclu l'envoi de renforts militaires, lors d'une visite inopinée en Afghanistan, sa première depuis son accession au pouvoir, le mois dernier. M. Cameron a fait de l'Afghanistan sa priorité de politique étrangère, mais il a estimé que les soldats britanniques ne devraient pas rester « un jour de plus » que nécessaire.
La Grande-Bretagne a déployé 9 500 hommes en Afghanistan et en a perdu près de 300 en près de neuf ans d'une guerre contre les talibans toujours plus impopulaire auprès de ses compatriotes qui exigent, selon lui, des progrès durant les six derniers mois de l'année en cours, qu'il a qualifiée de « vitale ». Sur le terrain, un kamikaze a tué 40 personnes et en a blessé 70 mercredi soir en faisant exploser sa bombe en plein cœur d'un mariage dans la province de Kandahar, une attaque attribuée par l'OTAN aux talibans qui ont aussitôt démenti.


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