Le mufti Asri Zainul Abidin.Photo AFP
« Les conservateurs et les progressistes s'affrontent au sein de l'islam en Malaisie », affirme M. Asri. « Nous plongerons dans les ténèbres si nous permettons aux conservateurs de l'emporter », prévient-il.
Le mufti affirme être poursuivi en justice parce qu'il s'est ouvertement opposé à l'establishment religieux, qui approuve désormais le recours aux châtiments corporels, comme la flagellation, pour punir les « crimes religieux ». Des tribunaux de la charia, autorisés à opérer parallèlement à la justice civile et laïque, ont récemment condamné à des coups de bâton trois femmes accusées de relations extraconjugales. Ils avaient également provoqué une forte polémique en réservant le même sort à une mère de famille coupable d'avoir bu une bière dans un hôtel, finalement condamnée à une peine d'intérêt national.
« Ils ne font que punir, punir et punir. La punition n'est pas la finalité de la religion. Nous devons avant tout éduquer les gens », affirme M. Asri. En durcissant leur discours, les conservateurs cherchent à renforcer leur base, estime l'ancien mufti de l'État de Perlis, à la frontière thaïlandaise, qui est devenu professeur d'université en 2008. « Ils peuvent remporter la bataille, mais, à l'âge d'Internet, ils ne peuvent conquérir les cœurs des jeunes musulmans qui réclament des réponses s'appuyant sur la raison », selon lui.
La Malaisie a besoin d'un islam fort, affirme, en réponse, l'un des chefs de file des conservateurs, Harussani Zakaria. « Le pays et le monde seraient bien plus sûrs si nous avions des lois musulmanes. Lorsque je vais en Arabie saoudite, je me sens en sécurité », explique le mufti de l'État du Perak (Nord). Pour lui, Asri est un « personnage étrange » et « arrogant ». S'il continue à promouvoir ses idées, « la Malaisie ressemblera au Pakistan, avec ses bombes », prévient-il.


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