La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, en compagnie du président péruvien, Alan Garcia. Mariana Bazo/Reuters
Mme Clinton a participé aux débats des ministres des Affaires étrangères de la 40e assemblée générale de l'OEA qui étaient réunis au Pérou. Mais elle n'a pu rencontrer Celso Amorim, le chef de la diplomatie brésilienne, qui n'a pas fait le déplacement à Lima, une semaine après une passe d'armes entre Washington et Brasilia sur le dossier du nucléaire iranien. Les États-Unis poussent à l'adoption au Conseil de sécurité de l'ONU, sans doute cette semaine, de nouvelles sanctions contre Téhéran. Le Brésil, membre non permanent du Conseil, s'y oppose et défend un accord tripartite avec Téhéran et Ankara sur un échange d'uranium en Turquie pour alimenter la recherche civile en Iran, un accord rejeté par Washington. « Nous verrons bien ce qui se passe, mais nous avons les voix », a commenté Mme Clinton à la presse en vue du vote à l'ONU.
Outre l'Iran, le Honduras, exclu de l'OEA à la suite d'un coup d'État en juin 2009, reste un différend aigu entre États-Unis et le Brésil, soutenu par une partie de l'Amérique latine. Washington et ses alliés dans la région poussent à un retour rapide du petit pays d'Amérique centrale dans l'OEA, dont le président Porfirio Lobo, élu en novembre, a « démontré son attachement démocratique », selon Mme Clinton. Mais le Brésil et d'autres pays de gauche refusent toujours de reconnaître Lobo, élu à l'issu d'un scrutin organisé par les autorités putschistes.
Les 33 pays se sont cependant mis d'accord sur la création d'un « groupe d'experts de haut niveau » chargés « d'évaluer la situation politique et juridique du Honduras », a indiqué le chef de la diplomatie péruvienne José Garcia Belaunde. Ils remettront avant le 31 juillet une « recommandation qui servira de base pour une décision » des pays membres sur la réintégration du pays centraméricain, a-t-il ajouté. « Il s'agit d'un accord excellent », a déclaré à l'AFP le secrétaire d'État adjoint américain pour l'Amérique latine, Arturo Valenzuela. À Tegucigalpa, le ministre hondurien des Affaires étrangères, Mario Canahuati, a indiqué espérer que les experts évalueraient avec « neutralité » ce que le président Lobo et son gouvernement « font en matière de droits de l'homme et de renforcement de la démocratie » dans le pays.
À Lima, Mme Clinton entendait appeler à « renforcer la gouvernance démocratique » en Amérique latine. « Il n'est pas suffisant d'avoir des élections. Il faut renforcer les fondations institutionnelles de la démocratie », a-t-elle déclaré. Elle a poursuivi sa tournée latino-américaine hier en Équateur. Il s'agit d'une étape doublement symbolique car le président socialiste Rafael Correa est un pilier du bloc de gauche latino-américain, et cette visite survient un an après une grave crise, déclenchée par l'accord militaire entre Bogota et Washington sur l'usage américain de bases militaires en Colombie. Outre des entretiens avec le président Correa, elle devrait prononcer un discours sur la politique latino-américaine du président Barack Obama. Pour Washington, « l'idée à présent est de proposer un calendrier axé sur la coopération », estime Christopher Sabatini, directeur à New York du forum Americas Society-Council of the Americas. Après Quito, Mme Clinton devait se rendre en Colombie, un allié régional solide en pleine campagne présidentielle, puis à la Barbade.


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