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Économie - Analyse

Les réponses attendues pour enrayer la chute de l’euro

Après la crise sur les marchés boursiers d'actions provoquée par les conséquences de l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, c'est au tour des marchés obligataires et des changes d'être l'objet d'une nouvelle tourmente qui risque de remettre en cause la reprise de l'économie mondiale qui commençait à se manifester. L'origine de cette nouvelle crise est bien connue. Les agences de notation, dont la fonction est d'apprécier le risque des titres de dettes, émis aussi bien par des entreprises que par des États, ont dégradé la note attribuée aux « obligations souveraines » de la Grèce, estimant que les déficits budgétaires annuels et le montant de la dette de ce pays étaient potentiellement porteurs d'un « risque de défaut ». La question n'est pas, ici, de savoir s'il était opportun de rendre publique cette information ni de se demander pourquoi des situations tout aussi graves frappant certaines sociétés ont été, précédemment, passées sous silence. Les regards se sont alors portés sur l'état des finances publiques de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie, avec des conclusions presque aussi alarmistes, même si les causes de la dégradation de leurs comptes sont différentes de celles ayant conduit la Grèce dans la situation où elle se trouve ; il n'en fallait pas plus pour que les opérations des intervenants sur les marchés qui ne craignent rien de plus que l'incertitude et le risque qu'elle génère et des spéculateurs qui cherchent à profiter de toutes les opportunités de plus-values conduisent à une forte hausse des taux d'intérêt lors de l'émission des obligations grecques et à une baisse de la valeur de l'euro.
Les différentes mesures annoncées, en particulier le déblocage d'une aide totale de 750 milliards €, les deux tiers apportés par les pays européens et un tiers par le Fonds monétaire international, restent, aujourd'hui, sans grand effet sur les comportements des acteurs des marchés : l'euro poursuit sa chute. En fait, les marchés sont à la recherche de trois confirmations : un discours et des décisions véritablement communs de la part des responsables politiques des pays de la zone euro prouvant leur volonté unanime de sauver la monnaie unique, l'assurance que les mesures annoncées de réduction de la dette publique de tous ces pays ne resteront pas lettre morte, la mise en place de politiques budgétaires au minimum harmonisées pour accompagner la politique monétaire commune.
En effet, pour l'instant, des mesures prises par certains pays sont critiquées par d'autres pays (la dernière en date étant l'interdiction, décidée par l'Allemagne, de ventes à découvert sur les obligations d'État de la zone euro cotées sur ces marchés). Surtout, échaudés par le non-respect depuis trop longtemps des conditions fixées pour accéder à l'euro et y demeurer (essentiellement un déficit budgétaire et une dette publique limités respectivement à 3 % et 60 %), les financiers attendent de voir si les États de la zone euro sont vraiment décidés à mettre en œuvre des plans efficaces pour revenir à une gestion plus saine de leurs finances publiques.
Cette attente ne peut être que longue, ce qui signifie que la crise est loin d'être terminée. Deux aspects positifs doivent, cependant, être relevés pour l'instant et, donc, sans doute pour quelque temps encore : la baisse de l'euro favorise les exportations des entreprises de la zone euro en rendant plus compétitifs leurs produits et conduit à augmenter le prix des importations, donc à générer une hausse des prix, méthode que l'histoire des finances publiques montre que les États ont toujours utilisée pour « payer » leur dette !

Professeur à l'université de Rouen (France) et professeur à l'ESA.

En coopération avec : l'ESA
Après la crise sur les marchés boursiers d'actions provoquée par les conséquences de l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, c'est au tour des marchés obligataires et des changes d'être l'objet d'une nouvelle tourmente qui risque de remettre en cause la reprise de l'économie mondiale qui commençait à se manifester. L'origine de cette nouvelle crise est bien connue. Les agences de notation, dont la fonction est d'apprécier le risque des titres de dettes, émis aussi bien par des entreprises que par des États, ont dégradé la note attribuée aux « obligations souveraines » de la Grèce, estimant que les déficits budgétaires annuels et le montant de la dette de ce...
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