Le président Moubarak lors de son intervention hier au sommet Afrique-France, à Nice. Bob Edme/Reuters
Au sein de ce Conseil, l'Afrique ne peut continuer à être la « cinquième roue de la charrette », a souligné le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. « Le Conseil de sécurité ne peut rester sans l'Afrique, tel qu'il a été décidé après la Seconde Guerre mondiale », a-t-il ajouté. « Il faut être prêt à faire une place à l'Afrique dans la gouvernance mondiale (...). aucun, absolument aucun des grands problèmes auxquels notre monde est confronté ne pourra trouver de solution sans la participation active du continent africain », a convenu en séance plénière le président français, Nicolas Sarkozy. Il est « absolument anormal que l'Afrique ne compte aucun membre permanent du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté sous les applaudissements des 51 délégations africaines représentées. Il a promis des « initiatives » lors de la présidence française du G8 et du G20 qui commence en fin d'année. Le président égyptien Hosni Moubarak, qui copréside le sommet, a lui aussi plaidé pour une meilleure représentation de l'Afrique.
« Nous voulons à tout prix mettre fin à la marginalisation dont souffre le continent africain pour qu'il puisse participer d'une voix claire et forte à la prise de décision politique et économique au niveau international », a déclaré le président égyptien.
En prélude au sommet, les ministres des Affaires étrangères des pays représentés à Nice avaient longuement débattu du sujet.
« On n'a pas trouvé de solution. On a trouvé la manière de commencer à se donner les moyens d'être plus réaliste », avait expliqué le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Selon plusieurs diplomates africains, la discussion a été « houleuse », parfois « très dure ». « Certains ont mis en cause la légitimité de la France à lancer ce débat », selon un diplomate gabonais.
L'Afrique, qui représente 27 % des États membres des Nations unies, ne dispose que de trois sièges de membres non permanents au Conseil de sécurité, dont une réforme pour tenir compte des nouveaux équilibres mondiaux est bloquée depuis des années.
Au cours du sommet, qui s'achèvera aujourd'hui en milieu de journée, les dirigeants français et africains devaient aussi aborder les problèmes de terrorisme et de trafic de drogue, et les enjeux climatiques.


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