Je connais mal les personnes qui sont à l'origine de ce mouvement. Je vais donc me contenter de résumer leurs dires et de reproduire leurs propres déclarations.
Les participants diffèrent entre eux sous bien des égards. Ce qui les unit, c'est le désir de réformer et de renouveler l'islam. Ce ne fut donc pas sans polémique que le mouvement a intitulé sa première conférence: «Muslim Heretics
Conference».
Le mouvement a deux dimensions, l'une négative, l'autre positive. Par sa dimension négative, il rompt avec la tradition musulmane qui définit la doctrine et le droit, et qui se base en grande partie sur la littérature connue sous le nom de Hadith. Ceux et celles qui ont insisté sur la mention du mot « hérétiques » dans le titre de la première conférence ont voulu marquer la rupture de leur mouvement d'avec le sunnisme traditionnel. Ils ont fini par renoncer à ce titre, parce qu'il fut traduit en arabe par le mot « kuffar » (renégats)1. Par sa dimension positive, le mouvement veut être un retour au Coran comme la seule source de la révélation musulmane.
La seconde conférence s'est donné un titre qui met en avant la dimension positive. Elle s'intitule : « Critical Thinkers for Islamic Reform ».
Cette réforme musulmane naissante a bien des points en commun avec la réforme protestante du seizième siècle. Cette dernière a adopté le slogan suivant: «Sola Scriptura» par lequel elle rejetait la tradition et ne retenait que les Saintes Écritures comme sources de la révélation.
Il est grand temps, estime ce groupe, que l'islam fasse usage de la pensée critique. Et il est parfaitement naturel que l'exercice de la pensée critique s'applique en tout premier lieu à la littérature des Hadith. La seconde démarche consistera à faire du Coran lui-même une étude critique. Voilà comment on peut envisager l'avenir de la pensée critique musulmane. Quelle va être la contribution du Liban dans ce double domaine ?
Seattle, État de Washington - USA


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