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Économie - Criminalité

Les violences en Jamaïque grippent la reprise économique du pays

Les violences qui ont fait 73 morts en Jamaïque depuis dimanche dernier donnent des frissons aux responsables économiques et politiques de l'île, qui pensaient que le pays pouvait enfin se tourner vers l'avenir après un prêt historique du FMI.
Par le passé, ses plus grands détracteurs agitaient le spectre du Fonds monétaire international comme un chiffon rouge.
Mais, cette fois, les mesures d'austérité adoptées en début d'année - assainissement des finances publiques, compression du secteur public - ont été accueillies par les Jamaïcains avec une relative placidité. Au contraire de la Grèce, les rues de la capitale n'ont pas été le théâtre d'affrontements entre la police et une population excédée par le tour de vis budgétaire.
Si un bain de sang a eu lieu à Kingston ces derniers jours, c'est parce que le gouvernement du Premier ministre Bruce Golding entend faire extrader le baron de la drogue local Christopher Coke vers les États-Unis. « Dudus » est considéré comme une sorte de Robin des Bois par les plus humbles, comme un marchand de mort ultraviolent par Washington.
Selon un décompte officiel, 73 personnes ont perdu la vie depuis que les forces de l'ordre ont lancé leur opération destinée à mettre la main sur « Dudus ». Experts et investisseurs observent les événements avec nervosité et attendent que le calme revienne.
Mais déjà, le mal est fait, semble dire Joseph Matalon, le président de l'Organisation du secteur privé de Jamaïque.
« Sans les événements récents, nos perspectives économiques seraient totalement différentes », a expliqué M. Matalon à l'AFP.
Une semaine avant qu'éclatent les violences, une équipe du FMI s'était rendue en Jamaïque et avait assuré que le pays avait respecté et même dépassé les objectifs auxquels l'organisation avait conditionné l'octroi d'une ligne de crédit de 1,25 milliard de dollars en février.
Joseph Matalon craint que les échauffourées « ne menacent la stabilité économique » de son pays. « Les investisseurs locaux et étrangers ne vont pas se montrer aussi dynamiques qu'ils auraient pu l'être » sans les violences.
D'autant que la santé d'une des plus importantes sources de revenus de la Jamaïque, le tourisme, fluctue fortement en fonction de l'image que le pays renvoie.
L'an dernier, plus de 1,8 million d'étrangers ont passé leurs vacances dans le pays, en quête de soleil, de plages - mais certainement pas de violences urbaines.
Pour ne pas effrayer les touristes, les autorités s'échinent à expliquer que les violences touchent les bidonvilles de Kingston, qui, même en temps normal, n'ont aucun attrait touristique.
Mais, souligne Ian Boxill de l'University of the West Indies, même si l'instabilité génère des retombées négatives, il y a fort à parier que le secteur du tourisme s'en remettra tôt ou tard. « Il y a eu des incidents similaires par le passé et le secteur s'en est remis », a expliqué M. Boxill.
De même, si le gouvernement de Bruce Golding venait à tomber, l'opinion publique est peu encline à croire que l'opposition fera échouer l'accord passé avec le FMI.
Car la situation actuelle est bien différente de celle qui prévalait dans les années 1970. À l'époque, les Jamaïcains accusaient les conditions posées par le FMI à l'obtention de crédits d'alimenter l'instabilité.
« Cette fois, les choses sont différentes. Dans les années 70, certains menaient une bataille idéologique. Mais aujourd'hui, je pense que les gens ont compris qu'il fallait agir », a observé Ian Boxill.
Les violences qui ont fait 73 morts en Jamaïque depuis dimanche dernier donnent des frissons aux responsables économiques et politiques de l'île, qui pensaient que le pays pouvait enfin se tourner vers l'avenir après un prêt historique du FMI.Par le passé, ses plus grands détracteurs agitaient le spectre du Fonds monétaire international comme un chiffon rouge.Mais, cette fois, les mesures d'austérité adoptées en début d'année - assainissement des finances publiques, compression du secteur public - ont été accueillies par les Jamaïcains avec une relative placidité. Au contraire de la Grèce, les rues de la capitale n'ont pas été le théâtre d'affrontements entre la police et une population...
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