La corruption au sein de l'État, un frein aux investissements
À ce sujet, M. Mobius a mis l'accent sur les opportunités d'investissements au Liban, notamment dans les secteurs bancaire et immobilier. Cet engouement grandissant pour le pays du Cèdre provient notamment de la stabilité dont le pays jouit depuis un certain temps, mais aussi des taux de croissance élevés qu'il a enregistrés au cours des deux dernières années, a-t-il souligné. Il existe toutefois des failles qui continuent de freiner l'afflux d'investissements, notamment la corruption au niveau de l'État, a-t-il averti. Ce fléau, qui existe aussi bien au Liban que dans le reste des pays émergents (certes, à des degrés différents), constitue en effet une entrave à une bonne régulation des secteurs et nuit à la transparence - deux conditions essentielles à l'attraction d'investissements étrangers. Pour appuyer son idée, le PDG de Templeton Asset Management a d'ailleurs évoqué les cas de Hong Kong et de Singapour, qui ont réussi, grâce à une faible taxation mais aussi et surtout à un bas niveau de corruption, à attirer un grand nombre d'investissements.
Toujours au sujet des investissements au Liban, Mark Mobius a en outre souligné que la crise grecque ne « devrait pas porter atteinte » au pays. Ce dernier ainsi que d'autres pays de la région pourraient même paradoxalement profiter de la turbulence européenne, en raison de la fuite de certains capitaux de la zone euro, jugée de plus en plus risquée par les investisseurs.
Forte croissance au sein des pays émergents
Par ailleurs, le grand financier a mis l'accent sur la croissance importante qui devra caractériser les pays émergents en 2010, indiquant que la hausse du PIB global de ces marchés devrait atteindre cette année quatre fois celle des pays développés. Les croissances les plus élevées devant être atteintes en Chine (9,6 %) et en Inde (7,7 %).
Autre élément encourageant pour les marchés émergents : le ratio de la dette au PIB, qui s'élève à 30 % en moyenne, contre 85 % dans les pays développés. Les taux d'inflation sont également en baisse dans les pays émergents. En effet, l'inflation dans ces pays, qui a atteint 6 % en avril dernier, après avoir culminé à 10,5 % en 2008, devrait se stabiliser à 4 % dans les mois à venir, a indiqué Mark Mobius.
Au niveau des marchés boursiers, la performance des places des pays émergents a en outre dépassé celle des pays développés, a-t-il poursuivi, l'indice MSCI pour les pays en développement ayant augmenté de 300 points depuis janvier, comparé à une évolution de 110 points de l'indice mondial et une évolution de 90 points de l'indice propre au marché américain.
En termes de risques, la balance est également en faveur des pays émergents, a ajouté M. Mobius, indiquant que les Credit Default Swap (CDS) - ces contrats d'assurance achetés pour se prémunir contre le défaut de paiement des titres souverains - sont plus chers en Espagne et en Grèce qu'en Russie, au Brésil ou encore en Corée du Sud.
Le PDG de Templeton Asset Management a enfin insisté sur l'importante évolution démographique des pays en développement, qui constitue selon lui un des vecteurs des taux élevés de croissance. En effet, la population de ces pays a bondi de 50 % depuis les années 90, pour atteindre 5,6 milliards en 2010, contre 1,2 milliard dans les pays développés. Les perspectives de croissance pour ces pays sont d'autant plus prometteuses qu'il s'agit, comme dans le cas de l'Inde, de populations jeunes, dont une partie significative va bientôt participer à l'accumulation des richesses du pays en intégrant le marché du travail, a-t-il conclu.


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