Absence de l'État
À ce sujet, l'économiste Kamal Hamdane a déploré l'absence de gouvernance institutionnelle pour la gestion du parc immobilier au Liban, attribuant cette faille à l'entrée en jeu d'intérêts politiques. Il a également critiqué la politique de l'État qui tarde à investir dans la maintenance et la restauration de son parc immobilier, préférant investir dans d'autres secteurs. M. Hamdane a en outre proposé que l'État développe des logements sociaux destinés aux classes moyennes et pauvres avec les biens immobiliers dont il dispose, suggérant de financer ces logements à travers l'instauration d'une taxe sur la plus-value immobilière.
De son côté, l'un des responsables du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), Wafa' Charafeddine, a déploré la flambée des prix fonciers, qui constitue, selon elle, « un véritable obstacle à l'exécution de projets publics ».
Cette hausse vertigineuse de la valeur immobilière a eu comme effet de gonfler le coût d'achat des terrains privés par l'État (expropriation) et a ainsi rendu plus chère la mise à exécution de certains projets d'infrastructure vitaux pour l'économie.
Ainsi, « le projet de transport public périphérique de Beyrouth entrepris par le CDR nécessitera 1,8 milliard de dollars de coûts d'expropriation », a-t-elle indiqué. Concernant les biens-fonds maritimes qui font également partie du parc immobilier de l'État, le représentant de GIS Transport, Élie Abi Rizk, a indiqué que cet espace est aujourd'hui employé par 1 300 occupants, de manière illégale dans la majorité des cas. Cette situation, amorcée au lendemain de la guerre civile, a été exacerbée par l'absence de l'État et de solutions concrètes. « Si ce problème est réglé ou du moins régularisé, ceci permettra l'entrée de recettes considérables », a-t-il ajouté.
L'expérience française
Dans ce cadre, M. Correia a expliqué que la stratégie de réforme du parc immobilier français s'est échelonnée sur cinq étapes depuis 2005. Elle a notamment porté sur une amélioration de la gestion immobilière ainsi que sur une meilleure évaluation du parc immobilier. Celui-ci a ainsi été estimé à 60,4 milliards d'euros fin 2009, dont 3,1 milliards d'euros pour les terrains, et 57,3 milliards d'euros pour les espaces construits. Cette stratégie a également été axée sur une optimisation de l'utilisation des biens-fonds publics à travers la définition d'un schéma pluriannuel de stratégie immobilière.

